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dimanche 5 octobre 2008

Compte rendu de "La nuit des fées 2008"


Bis repetita placent !! Après le succès de la première édition, les fées de prikosnovénie conviaient une nouvelle fois le petit peuple à Clisson la magnifique. Pour cette deuxième édition, plusieurs nouveautés firent leur apparition avec notamment une soirée dès le vendredi soir, la Electro Fairy Night et moult activités et animations dans la journée du samedi. N’étant arrivée sur les lieux qu’à 18h, je me contenterais de conter ici les concerts du samedi.

Le public était encore plus nombreux pour cette nouvelle édition avec toujours ce melting-pot prikosnovénien composé de gothiques (un peu moins que l’année dernière), de personnes déguisées (un peu plus que l’année dernière), d’enfants (autant que l’année dernière) et de plein de gens comme vous et moi (car oui je ne suis ni gothique, ni déguisé, ni enfant mais promis pour l’année prochaine je m’intégrerais à une de ces catégories).

Après OnzeH30 l’an passé, ce fut de nouveau un groupe français, découverte du label, qui eut l’honneur d’ouvrir la soirée, à savoir Antrabata. Un groupe parisien jouant un trip hop délicieusement sucré aux sonorités indiennes. Je n’ai pu écouter que deux titres de Antrabata car dès 18h30 le premier évènement de la soirée se profilait à l’horizon, il s’agissait du concert de Luigi Rubino à la chapelle Saint-Jacques, un lieu qui se prête à merveille à ce genre de musiques tant l’acoustique et l’intimité atteignent le niveau recherché.
Par contre, il faut bien avouer que l’excitation générée par ce concert du pianiste de Ashram ne fut pas à la hauteur de la prestation. Certes, les mélodies jouées étaient splendides mais il manquait une petite étincelle, quelques envolées musicales pour basculer dans la communion. Qu’importe, Luigi Rubino reste un pianiste d’exception et on attend avec grande impatience son album solo. L’artiste napolitain céda ensuite sa place au groupe Crista Galli. Là, ce fut l’inverse qui se produisit car leur album Matrice d’eau m’avait laissé un goût redondant et monotone et pourtant sur scène le groupe m’a particulièrement séduit. La diversité des instruments, l’apport du violoncelle et les deux voix sublimes du duo français ont largement contribué à faire de ce concert une réussite.


20H, toujours pas le temps d’aller manger la désormais fameuse assiette elfique puisque le trio napolitain Ashram s’apprêtait à envahir les halles de ses compostions romantiques mélancoliques. La prestation du groupe fut excellente mais on put mesurer à cette occasion qu’un concert dans la chapelle reste d’une autre facture. Le concert de l’année dernière à l’espace Saint-Jacques de ces mêmes napolitains reste une prestation absolue, un concert merveilleux et époustouflant de virtuosité, gravé à jamais dans la mémoire des chanceux présents ce soir-là.

Après Ashram, un court répit nous était offert avant le deuxième évènement de la soirée, celui qui à lui seul justifiait la venue à la nuit des fées, à savoir le concert du groupe bulgare Irfan. Tout juste le temps de déguster l’assiette elfique, ce succulent met bio et végétarien composé de riz complet, d’un curry de légumes, de lentilles corail et d’un sauté de carottes avec tomates fraîches. Quand les fées et les elfes se donnent la main pour mijoter de bons petits plats, c’est un délice pour nos papilles.







Mais l’heure tant attendue arrive et les membres de Irfan entrent en piste. Les cœurs palpitent, le temps s’arrête et le silence se fait religieux (sauf chez les quelques enfants qui prennent un malin plaisir à faire un vacarme assourdissant sur les jeux d’un stand un peu trop proche du public à mon goût). Mais la magie était bien présente, en tant qu’admirateur inconditionnel (j’espère que je n’en fais pas trop) de la musique de Irfan, je fus comblé. Le mysticisme des voix bulgares, l’exotisme de la musique orientale, la profondeur de la musique sacrée orthodoxe, tous les éléments du voyage mental vers les rives de la mer noire étaient réunis.

Après cette véritable claque musicale, il ne me restait plus qu’à transporter mes jambes tremblantes une dernière fois dans l’obscurité jusqu’à la Chapelle Saint-Jacques pour le dernier groupe de la soirée, Les fragments de la nuit. Une formation française regroupant un quatuor à cordes accompagné d’un piano. Leur premier album Musique du crépuscule paru chez Equilibrium music m’avait particulièrement plu et leur prestation scénique fut du même calibre. Cette musique à écouter les yeux fermés étire les voiles de la nuit pour vous emmener dans un monde onirique crépusculaire à la poursuite de l’ineffable.
Voilà, avec les derniers coups de violons, c’est tout un peuple (le petit) qui quitte Clisson la tête mais surtout les oreilles pleines de souvenirs. Après la réussite de cette édition, nous espérons que non seulement Prikosnovénie pourra rééditer son festival dès l’année prochaine mais qu’il pourra investir le château de Clisson pour accueillir un public toujours plus nombreux.
Gwilbreuf
Remerciements : A Prikosnovénie et Arnö Pellerin, à Khimaira magazine, aux artistes présents à la Nuit des fées et à toutes les personnes mobilisées pour faire de ce festival un évènement incontournable.

lundi 30 juin 2008

Alizbar "Metamorphoses of Ann" (Prikosnovénie)

Mais où Prikosnovénie a-t-il trouvé ce Alizbar ? Combien de forêts, de vallées, d’océans et de montagnes les lutins du label ont dû traverser avant de trouver ce magicien ? Un magicien des notes utilisant une harpe celtique en guise de baguette. Alizbar est un véritable génie, un virtuose de la harpe celtique. Il amène cet instrument dans des retranchements et des mondes insoupçonnés.
L’invitation au rêve démarre par un digipack somptueux où l’imagination de Sabine Adélaïde atteint un nouvel sommet. Le mandala de la pochette de Metamorphoses of Ann délivre des teintes verdoyantes somptueuses. Le digipack s’apprécie à la verticale donnant ainsi l’apparence d’un livre. En effet, Metamorphoses of Ann pourrait s’apprécier comme tel tant la musique de Alizbar est évocatrice. Sa musique, dans sa dimension la plus épurée, un homme un instrument, nous transporte dans un monde onirique où notre imaginaire devient le maître du jeu et tisse sa propre histoire. L’histoire commence avec ce vieil escalier que l’on voit sur le mandala, un escalier digne des fonds de jardin de notre imaginaire. Le gravir, c’est franchir la barrière du réel et pénétrer dans un monde apaisant (« The Island »).
Le label ne pouvait pas espérer meilleur ambassadeur pour sa nouvelle collection Mandalia, dédiée aux musiques zen et relaxantes. Dans ce domaine, il ne fait nul doute que la musique de Alizbar possède des vertus thérapeutiques (« Fairy of melted snow »). Sa harpe parait enchanté tant les sons qu’elles délivrent sont hypnotisants (« Out of time fairy tale »).
Puisant son inspiration dans des contes scandinaves et celtiques ou même à travers l’univers de Tolkien (« Dwarves’ songs in hobbit’s hole »), Alizbar tisse les frontières d’un monde merveilleux où les mots paraissent dérisoires tant la musique se suffit à elle-même (« Metamorphoses of Ann »).
On pensera bien évidemment à l’univers de Caprice à travers les compositions de Alizbar. Bien que ce dernier n’utilise que sa harpe, on retrouve la même manière d’appréhender la féerie et la même esthétique musicale avec une recherche perpétuelle du beau et de la pureté.
Avec Fleür, ces artistes témoignent d’une sensibilité particulière et d’une relation personnalisée de l’âme slave vis-à-vis de l’imaginaire.
« Nocturne » annoncera de rares notes de ténèbres dans cet univers radieux. Avec « Ainur’s dialog », notre voyage prend fin et il est temps de franchir le mandala dans l’autre sens et de revenir à la dure réalité…
Mais quelle est cette musique qui en ce lieu me parait irréelle ? Et si tout ceci n’était pas qu’un rêve…
Gwilbreuf, Juin 2008

samedi 21 juin 2008

Crista Galli "Matrice d'eau" (Prikosnovénie)

Cette musique est née de notre relation d’amour avec la Terre et des contacts subtils avec les Eléments qui résonnent sur le féminin de l’Etre. C’est par cette phrase que le duo Crista Galli qualifie sa musique méditative et contemplative qui laisse une part très importante à l’improvisation. Intitulé Matrice d’eau, les 8 titres de cet album se veulent une source intarissable d’apaisement et célèbrent la bienveillance de la Nature, de la Terre et surtout de l’Eau, élément le plus précieux et le plus fondamental pour l’Homme. L’artwork qui reprend les teintes indicibles et évanescentes de l’eau est recouvert de traits aux allures de cercles, autant de sources d’énergie pour accéder à notre intérieur sacré. En fait, ces cercles sont tirés du Cairn de Gavrinis, une île du Golfe de Morbihan dont le groupe tire en grande partie sa spiritualité et son énergie. La preuve en est les 4 derniers titres de l’album. De plus, la pochette est ornée de la lettre hébreu Mèm, une lettre qui symbolise les eaux.
L’album s’ouvre avec « fontaine », objet de la fascination pour l’eau, le mythe de la fontaine de jouvence n’étant qu’un exemple parmi tant d’autres. Ensuite, le chant diphonique du duo entre en piste (« Shin ») pour nous livrer un moment de quiétude méritée. Les cithares, gongs et duduks s’accommodent de ce voyage intérieur vers le féminin de l’être. Même un violoncelle (« Racines ») viendra apporter sa contribution à l’édifice. Quant à « Oriental garden » il surprendra l’auditeur par ses similitudes avec l’univers du duo japonais Jack or Jive.
Matrice d’eau apaise l’âme et renforce l’esprit, un album qui signe l’entrée réussie de Prikosnovénie dans le monde de la musique zen et de relaxation.
Gwibreuf, Juin 2008
Site de Prikosnovénie :http://www.prikosnovenie.com/

dimanche 1 juin 2008

Fairy World 4 (Prikosnovenie)

Laissez vous conter Prikosnovénie, tel aurait pu être le sous titre de ce Fairy World tant cette 4ème édition se plait à transporter l’auditeur sur les différentes planètes de l’univers Prikosnovénie. Ce 4ème voyage réserve une place de choix à la toute nouvelle famille du label, Mandala, une famille dédiée à la relaxation et au zen. L’occasion de découvrir les nouvelles signatures et artistes de cette famille que sont les Poussières d’étoiles, Crista Galli, et Alizbar. Si les deux premiers groupes proposent des musiques très contemplatives et méditatives, le jeu de harpe du moldave Alizbar touche le plus profond de notre âme par sa féerie et l’émotion diffusée. Sa musique ressemble à du Caprice sans parole, un moment de bonheur et d’onirisme simple et touchant. L’apothéose de la musique relaxante est atteinte avec Lys et son titre « En approchant des rivages bleus ». Carillon, bruit des vagues de l’océan, violon thérapeutique de Ivo Sedlacek, tous les ingrédients sont réunis pour un voyage intérieur en quête de soi même, le chemin vers un foisonnement de questions qui résonne en chaque être.
Cette compilation permet aussi de retrouver les dernières sorties du label marquées par des albums de très grande qualité comme en atteste les merveilleux titres de Corde Oblique, Caprice et Irfan.
Au rayon des bonnes surprises, signalons le duo nantais Shira°Zed qui en mélangeant traditions marocaines et electro downtempo nous livre une musique inspirée et envoûtante. Un métissage de grande qualité qui on l’espère, débouchera sur un album avec prikosnovénie.
Et comme un Fairy World ne serait pas un Fairy World sans son lot d’inédits, « Prikos » nous offre un florilège de titres inédits par la crème du label. Onze H 30, Mediavolo, Antrabata, autant d’exemples du dynamisme de la scène française qui a su trouver au sein du label féerique, une véritable structure pour accompagner et développer les musiques que nous aimons et défendons.
Enfin du côté des attentes, le sublime morceau de Luigi Rubino, le pianiste de Ashram, confirme tout le potentiel de l’artiste. « Duca bianco » est un petit bijou de musique néo classique, un moment intense sublimé par la prodigieuse voix de Claudia Florio. L’album solo de Luigi devrait constituer un des moments fort de cette nouvelle année prikosnovénienne.
Bien plus qu’une simple compilation de promotion de ses artistes, Fairy World est aussi l’occasion de caractériser l’univers Prikosnovénie à travers les images et le dessin. Un univers graphique pensé pour bâtir l’osmose parfaite avec la musique. L’image et le son ne font alors plus qu’un et ce livre cd fait toute la lumière sur cette œuvre singulière et originale.
Avec ce Fairy World 4, Prikosnovénie continue d’écrire son histoire, une histoire qui dure désormais depuis plus de 15 ans pour notre plus grand bonheur.
Gwilbreuf, Juin 2008
Blog Prikosnovénie : http://prikos.canalblog.com/

vendredi 9 mai 2008

Ny:na Valès "L'atmosphère" (Prikosnovénie)

Avec cet album, Prikosnovénie franchit un nouveau cap en éditant un projet musical assez éloigné des productions féeriques habituelles. Il est vrai que le label avait déjà amorcé cette diversification avec l’album du groupe tourangeau OnezH30 mais ici la différence d’univers se fait clairement sentir. Ny :na Valès est donc un projet musical composé de Yann Savel (noter l’anagramme) et Nathalie Carraduel. Un duo complémentaire qui officie dans le registre de la chanson française avec des musiques empruntant aux sonorités jazz et pop mais surtout à la bossa nova, ce qui confère à l’album une ambiance très lounge. La musique bien que minimaliste tisse une atmosphère particulière très chaleureuse. La voix de Nathalie est douce et sensuelle et retranscrit à merveille la magie des mots. Il y a comme une certaine naïveté dans ce duo, un poids de l’innocence qui les fait définitivement basculer du côté des doux rêveurs. Certains textes sont très bien sentis comme « Copain copain » où nos deux artistes nous offrent un moment de complicité très drôle et fort appréciable. Sur quelques chansons (« Je mens par omission », « Le mot elfique »), Yann se risque à la ritournelle et sa voix s’avère très mélodieuse. Les ambiances jazzy (« J’entends la nuit ») se confondent avec les ambiances bossa nova (« L’androgyne ») pour un mélange savoureux et original.
En 12 titres et 40 minutes, Ny :na Valès livre un album sympathique auquel nous reprocherons simplement le manque d’une petite flamme pour embraser définitivement l’auditeur. Mais le cœur y est, à bon entendeur…
Gwilbreuf, Mai 2008

mardi 4 mars 2008

Jack or Jive "Kakugo" (Prikosnovénie)

Le nouvel album de Jack or Jive s’intitule Kakugo en référence à un concept du Bushido japonais, autrement dit le code des principes moraux des samouraïs. Le Kakugo dit que « la voie du samouraï se trouve dans la mort ». Pourtant, cet album n’est pas un énième discours nihiliste sur le non sens de la vie. Il faut plus voir dans cet album une réflexion sur la mort et sur son impact dans la société japonaise moderne, une société qui, malgré ses valeurs passées, se perd dans les dérives du monde d’aujourd’hui.
Malgré la prolifique discographie du duo japonais, 4 années se sont écoulées entre leur précédent album Absurdity et ce Kakugo. Le début de l’album nous plonge dans l’esprit de l’album Prayer (1990) avec une introduction en forme de chaos contenu puis avec le titre « War scapes » où Chako fait l’étalage de sa sublime voix ténébreuse. Musicalement, la recette ne change pas, Makoto Hattori se charge de discrètes percussions et surtout des claviers. Les mélodies sont souvent aériennes et brumeuses, ce qui provoque l’étrange sensation que la musique et la voix de Chako sont entremêlées dans un vacarme sonore venu de l’au-delà (« Bodhisattva »). Plusieurs expérimentations vocales et sonores viennent agrémenter cet opus comme en atteste les cris de Chako sur « Shot arrow » ou les sons de cloche sur « At the national border ». L’ensemble demeure planant et diffuse la fameuse « zen attitude » japonaise.
Kakugo satisfera l’amateur de Jack or Jive même si certains trouveront que le duo peine à se renouveler et que sa musique sonne comme déjà entendu. Pour les autres, Jack or Jive reste un groupe mythique à découvrir impérativement.

vendredi 15 février 2008

Caprice "Kywitt ! Kywitt !" (Prikosnovénie)

Après la formidable trilogie Elvenmusic dédié à la terre du milieu qui s’achevait de façon remarquable par un troisième opus chanté dans une langue elfique inventé pour l’occasion, l’extraordinaire groupe russe Caprice revient enchanter nos oreilles. Ce nouvel album porte le nom amusant de Kywitt ! Kywitt !, un nom qui semble sorti de la bouche d’un korrigan perfide ou d’un lutin malicieux. Ce titre provient d’un poème des frères Grimm et permet à Caprice d’expérimenter avec succès le chant en allemand. Ce titre est d’ailleurs révélateur du virage musical qu’a pris le groupe. Habituée à une orchestration néo classique très onirique, la formation intègre cette fois guitares électriques, batterie et autres samples électroniques dans sa musique. Le résultat est à la fois déroutant et saisissant. Alors que l’orchestration subtile des albums précédents rendait l’univers des russes très apaisant, le déchaînement musical de Kywitt ! Kywitt ! se fait plus virevoltant avec ses entrelacs musicaux et ses accès de violences (« Kywitt ! Kywitt ! »). L’utilisation de la batterie donne même à certains morceaux un côté très pop voir naïf dans le bons sens du terme (« Peggy O »).
Depuis ses adaptations de poèmes de William Blake et J.R.R Tolkien, Caprice a montré ses talents pour mettre une musique sur la magie des mots. Cet album confirme ce talent et propose notamment des textes de William Shakespeare, de Robert Burns, de Maximilian Voloshin et de Felicia Hemans pour un morceau bonus d’une extrême jovialité qui répond à l’étonnant titre de « Fae fae fae fae fae fae fae ».
Caprice, c’est d’abord l’œuvre d’un compositeur de génie Anton Brejestovski qui livre une fois de plus une œuvre décomplexée et innovante. Mais Caprice, c’est aussi la sublime voix de Inna Brejestovskaya qui éblouit par sa pureté. Sa voix féerique participe pour beaucoup à l’ambiance musicale du groupe moscovite. Son chant peut être sobre et presque funéraire (« Adew sweet amarillis ») puis enjouée (« Mary Morison ») provoquant des émotions variées chez l’auditeur. Dans cet album rempli d’expérimentations, Caprice joue un instrumental oppressant aux influences orientales (« More ») et s’amuse à insérer dans ses chansons des voix du petit peuple (« Dundellion wine ») recréant ainsi avec beaucoup de perfectionnisme le jardin enchanté de l’Etre humain.
Un album hallucinogène, à l’image des champignons malins et heureux qui ornent la pochette, qui troublera l’auditeur par son audace et par la magie de son univers. Un album frais et décomplexé qui sent bon l’arrivée du printemps et les ballades en forêt à la recherche du petit peuple. Kywitt ! Kywitt ! est tout cela à la fois, Le chemin parcouru depuis Mirror est saisissant, l’œuvre de Caprice n’a cessé d’évoluer et de mûrir, progressant sans cesse en nous étonnant à chaque œuvre. Un univers unique et complètement fou qui mériterait une plus grande reconnaissance car il ne s’agit pas d’un groupe comme les autres, Caprice joue, incarne et représente la musique féerique.
Sortie le 22 février 2008 sur le site de Prikosnovénie http://www.prikosnovenie.com/
Site officiel de Caprice : http://caprice-music.com/

vendredi 1 février 2008

Cécile Corbel "Sans faire un bruit"



Voici un très beau clip d'une artiste pleine de talent : Cécile Corbel. Ce titre est le premier extrait de la compilation La nuit des fées sorti sur le label Prikosnovénie. Une compilation magnifique sur laquelle on retrouve aussi des inédits de Mediavolo, Caprice, The moon and the nightspirit et bien d'autres.


Le site de Cécile Corbel : http://www.cecile-corbel.com/
Le site de Prikosnovénie : http://www.prikosnovenie.com/

samedi 27 octobre 2007

Compte rendu de "La nuit des fées"

Le samedi 29 septembre 2007 avait lieu la première édition de La nuit des Fées dans la magnifique ville médiévale de Clisson. Une soirée organisée par le label Prikosnovénie, un label spécialisé dans les musiques relatives à l’imaginaire. Une sorte de consécration et d’aboutissement pour ce label qui organisait une soirée sous le signe des fées et de la musique féerique. Hormis le groupe Collection d’Arnell Andrea dans sa version acoustique et les napolitains de Ashram qui se produisirent dans la chapelle Saint Jacques, tous les autres concerts se déroulèrent sous les Halles de Clisson. Sous ces dernières, deux scènes avaient été disposés, une grande et une petite, afin d’éviter les coupures entre deux groupes. C’est Amadou Sanfo, chanteur et conteur du Burkina Faso, qui avait l’honneur d’ouvrir cette première édition.



Preuve du grand retard accumulé, le groupe Onze h30 commença à jouer à 18h sur la grande scène. Un show explosif qui montrait toute l’énergie du groupe tourangeau. Un set efficace et un esthétique travaillé tant au niveau du décor grâce à son immense horloge qui indiquait 11h30 que grâce aux accoutrements des musiciens oscillant entre dandys surréalistes de Orange mécanique et cabinet des bizarreries de l’époque Victorienne.
Après un bref passage de Amadou Sanfo sur la petite scène, ce fut au tour de Riccardo Prencipe (Corde Oblique) de monter sur la grande scène en compagnie de Claudia Florio de Lupercalia et de Sergio Panarella et Alfredo Notarloberti du groupe Ashram. Une heure de concert de grande qualité, emplie de sensibilité devant un public charmé par la délicieuse voix de Claudia. On regrettera simplement que Riccardo ne joua pas de luth mais peut être est ce impossible sur scène pour des raisons techniques.
Il y eu ensuite une heure de « pause » durant laquelle se succédèrent sur la petite scène François Caspari puis Géraldine du groupe Mediavolo pour un concert de harpe celtique (durant ce créneau horaire, il y avait aussi Collection d’Arnell Andréa à la chapelle Saint Jacques). Ce fut aussi l’occasion de parcourir les nombreux stands placés sous les halles. On trouvait ainsi une cartomancienne, une maquilleuse, un stand pour fabriquer son chapeau elfique, un stand de littérature fantastique et bien évidemment un stand Prikosnovénie où l’on pouvait retrouver tous les albums du label ainsi que des albums en distribution et plein de goodies dont la très belle affiche de la nuit des fées. Ce fut aussi l’occasion de se restaurer grâce à un stand bien fourni qui proposait l’excellente boisson médiévale qu’est l’Hypocras, ainsi que des bières, des thés et ainsi de suite mais surtout une surprenante assiette elfique végétarienne dont la recette est jalousement gardée par les elfes qui étaient venus concocter ce mystérieux plat. Vers 22h, c’est le Duo PinkNRuby qui faisait son apparition pour un concert sincère et épuré qui souffrait néanmoins d’un manque de dynamisme évident. Comparer à la fraîcheur d’un groupe comme Onze h30, une inversion de l’ordre de passage aurait pu résoudre ce problème mais il est vrai que PinkNRuby jouit d’une notoriété dont ne dispose pas encore Onze h30.
Il fut ensuite l’heure de quitter (provisoirement) les halles en direction de la chapelle St Jacques pour le concert de Ashram. La chapelle fut très vite remplie et les napolitains entamèrent un concert qui restera dans les mémoires. D’une beauté et d’une virtuosité à couper le souffle, Ashram a littéralement enflammé son auditoire qui lui demanda deux rappels et lui offrit deux standings ovations. Entre temps, on eu le droit entre autres à une incroyable démonstration au violon de Alfredo Notarloberti et à un morceau au piano à 6 mains puisque les trois membres du groupe jouèrent en même temps.
Point de répit en cette fin de soirée magique puisqu’il fallait déjà rejoindre les halles pour le dernier concert de la soirée, le groupe brestois Mediavolo.
Le groupe tout de noir vêtu nous livra un excellent set essentiellement constitué de titres du dernier album A secret sound. Un concert énergique, parfait pour finir cette soirée. Les fées et autres elfes quittèrent alors la magnifique cité de Clisson pour rejoindre la civilisation. Il me reste plus qu’à féliciter le label Prikosnovénie pour l’organisation de cette nuit des fées et souligner que pour une première édition, tout était parfaitement au point. On espère désormais que cette soirée pourra être reconduite et qu’elle deviendra une référence pour tous les amateurs de musique féerique.



Guillaume L'henaff




Remerciements : Au label Prikosnovénie et tout particulièrement à Arnö Pellerin, à Khimaira, à tous les artistes présents à la nuit des fées et à toutes les personnes qui se bougent pour que vivent les musiques féeriques. Vivement la prochaine édition.














jeudi 25 octobre 2007

La nuit des fées (Prikosnovénie)

Suite à l’organisation de la nuit des fées le samedi 29 septembre 2007 à Clisson, le label féerique Prikosnovénie sort un très joli coffret qui porte le même nom que la soirée, à savoir La nuit des fées. Le coffret est bâti comme un voyage sur la terre des fées pour y découvrir ses pays, ses habitants et ses musiques. On distinguera deux parties sur cet album. Une première partie présente 10 inédits composés spécialement pour ce coffret. Hormis Djaima, une artiste tzigane, tous les autres artistes ayant composés un titre devraient être connues par les fidèles de Prikosnovénie. En effet, on retrouve la douce voix de fée de la jeune harpiste Cécile Corbel « Sans faire un bruit » ainsi que l’exotisme hongrois de The moon and the nightspirit « Alkonyvarazs ». Parmi les incontournables, citons aussi l’australienne Louisa John-Krol (« Fai »), les brestois de Mediavolo qui avec leur savoureux titre « Dreams of Atlantis » confirme leur montée en puissance depuis la réussite de leur dernier album A secret sound, le groupe moscovite Caprice qui égal à lui-même nous livre un petit bijou « The candle and snow » pour patienter jusqu’au prochain album et enfin la formation Collection d’Arnell Andréa avec un morceau troublant et touchant « Closer to unicorn ». Et comme lorsque Prikosnovénie sort un coffret, la forme revêt autant d’importance que le fond, l’album est accompagné d’un magnifique carnet de voyage illustré de 24 pages dans lequel figure les illustrations gagnantes du concours « Dessine moi une fée ». On y retrouve aussi pour chacun des morceaux inédits composés le nom de la fée qui lui est associée ainsi que son pays, une bien belle manière de voyager sur les terres de Prikosnovénie. La deuxième partie de l’album s’intitule Fairy sessions et concerne 6 inédits composés dans les jours qui ont suivis la nuit des fées par quelques uns des artistes présents. On pourra notamment savourer 4 morceaux de PinkNRuby associés à Mediavolo où l’esprit féerique prend tout son sens même si l’on regrettera que la « touche » PinkNRuby se fasse beaucoup plus sentir que le style Mediavolo.
Le morceau de Mediavolo et Ashram « Shot in the mid-air » est quant à lui magnifique, la voix de Géraldine se mariant à merveille avec la mélancolie du piano de Luigi Rubino (Ashram). Enfin la guitare de Riccardo Prencipe (Corde Oblique) accompagne une dernière fois les voix de Paul et Mihaela (PinkNRuby) « Klara ». Avec ces Fairy sessions qui s’achèvent, c’est notre escapade sur les terres féeriques du pays de Clisson qui s’achève. Un voyage de toute beauté qui perdure grâce à ce coffret qui l’est tout autant. Espérons que le petit peuple saura conseiller au père noël de placer ce coffret de La nuit des fées sous les sapins.
Sortie le 10 décembre.

lundi 22 octobre 2007

Irfan "Seraphim" (Prikosnovénie)

Quatre ans après leur premier album, Irfan revient avec un nouveau joyau prénommé Seraphim. La musique de Irfan n’a pas changé, on retrouve ce mélange irrésistible de voix bulgares, d’accords orientaux et d’une musique profondément onirique qui nous entraîne vers un passé lointain sur les rives de la mer noire. Parmi les 9 titres de Seraphim, on retrouve l’envoûtant « Simurgh » que l’on avait découvert sur Fairy world 3 (Prikosnovénie) et le mélodique « Fei » découvert sur la compilation Effleurement (Prikosnovénie). La pureté des voix se fait sentir sur les 2 invocations (« Invocatio » et « Invocatio II »), véritable source d’apaisement et quintessence de la musique mystique orthodoxe à la fois sophistiquée et épurée. Pour le reste, Irfan apprécie les longs morceaux où l’exceptionnelle voix de Denitza Seraphimova se veut souvent mystique et ésotérique, surtout quand une voix masculine vient renforcé ce caractère sacré « Hagia Sophia ». Irfan continue ses références au soufisme « Vernal Garden » et ses musiques parfois puissantes et hypnotiques « Los Ojos de la Mora ». Entre méditation « Return to Outremer » et exaltation de la voix « Star of the winds (Khaukab al Hawwa »), Seraphim s’impose comme un deuxième chef d’œuvre pour Irfan, un album indispensable pour tous les amateurs d’une musique riche et ancienne, baignée par des siècles d’histoire.

jeudi 4 octobre 2007

Interview du groupe ARTESIA

Interview intégrale réalisée pour le numéro 12 du magazine KHIMAIRA



Artesia :
La face cachée de Brocéliande

Artesia est un jeune duo composé d’Agathe et de Gaëlle qui a sorti cette année son deuxième album Chants d’Automne chez Prikosnovénie. Un album très réussi qui explore la face sombre de la forêt de Brocéliande. Agathe a répondu à nos questions sur Artesia, le dernier album et ce que représente la célèbre forêt.

Khimaira : Peux tu nous présenter le groupe Artesia ?

Agathe : Bonjour, nous sommes un duo, Gaëlle (violon) et moi-même (synthé, chant) et nous officions dans le style heavenly atmosphérique. Nos titres sont lents et planants, à base de synthé, violon, chœurs, guitare et percussions. On nous rapproche le plus souvent de groupes tels qu’Arcana, Dark Sanctuary ou encore Dargaard et nos thèmes de prédilection sont la Nature et la féerie tels que nous les ressentons au sein de la forêt de Brocéliande où je vis depuis quelques années. J’ai commencé à écrire des morceaux à la fin de l’année 2001 lorsque j’ai eu mon premier synthé. Je ne savais pas si cela allait aboutir à un véritable résultat mais au fur et à mesure que les titres prenaient forme, j’ai pris tout cela plus au sérieux. Le nom d’Artesia était dans mes pensées depuis quelques temps et je l’ai conservé afin de lui donner vraiment vie. J’ai enregistré seule une première démo L’Eveil de l’âme en juin 2003 mais il s’agissait plus d’un premier essai que d’une production aboutie donc je ne l’ai pas distribuée. Quelques mois plus tard, j’ai demandé à Gaëlle de se joindre à moi pour assurer les parties de violon et c’est à ce moment que le groupe a pris une réelle importance pour moi. Un an plus tard, nous avons enregistré une seconde démo, l’Aube Morne, que nous avons distribué cette fois ci et qui nous a permis de nous faire une petite place au sein de la musique heavenly. Lorsque nous avons eu fini d’enregistrer notre premier album Hilvern, nous avons cherché un label et nous avons signé chez prikosnovénie. Notre deuxième album Chants d’Automne est sorti sur ce même label.


K : L’album « Chants d’Automne » est conçu comme un cycle, il démarre par une « invitation » et finit par l’arrivée de l’hiver, ceci est t il voulu ? Que symbolise selon toi le cycle des saisons et particulièrement l’automne ?

A : Bien sûr, les chansons suivent un ordre établi à l’avance. Nous avons voulu mettre en musique le passage de l’automne à l’hiver, tel qu’il pourrait être ressenti par les différentes créatures qui peuplent la forêt. Il est important pour nous d’avoir un thème assez précis lorsque nous écrivons des titres ; les morceaux doivent s’enchaîner logiquement tant musicalement que textuellement. Le cycle des saisons, malgré les troubles dont nous sommes aujourd’hui témoins, est le symbole de l’éternel recommencement, mais également celui du temps qui passe et nous rapproche chaque jour un peu plus de la fin. Il ne faut pas penser que nous avons une vision pessimiste de la vie humaine, mais nous avons conscience de ce mouvement perpétuel contre lequel personne ne peut lutter. L’automne est plus qu’une saison intermédiaire, elle prépare au long sommeil hivernal. C’est une magnifique saison au niveau des couleurs et de l’éclat particulier du paysage, et c’est celle qui, à notre avis, permet de se livrer à l’introspection nécessaire à laquelle doit se livrer chaque homme lorsqu’il sait sa fin proche. Chaque hiver est une petite mort et l’automne son agonie. Il faut profiter de ces moments de calme où tout semble aller plus lentement pour faire le point sur son existence.


K : Où puises tu ton inspiration pour l’écriture des textes ?

A : Nous voulons permettre à nos auditeurs de voyager avec nous dans des lieux féeriques. Lorsque j’écris des textes pour Artesia, j’essaye de traduire les émotions que nous procurent la nature, les paysages sauvages, la féerie. Tout ceci reste abstrait et concis car je veux que chacun puisse imaginer ce qu’il veut lorsqu’il écoute notre musique, et qu’il ne se sente pas prisonnier d’un thème ou d’un contexte. Les textes ne sont pas le plus importants dans Artesia, c’est l’émotion de la musique qui doit dominer. Je ne pense pas être spécialement inspiré par d’autres groupes ou auteurs pour les paroles mais je pense qu’elles sont facilement compréhensibles et cela nous rapproche de notre public.


K : Comment se déroule le processus de composition au sein d’Artesia ?


A : Pour la plupart des morceaux, nous fonctionnons en « différé », c'est-à-dire que nous n’avons pas réellement un travail de groupe : pas de répétitions, pas de concerts et presque pas de travail ensemble. Je commence par trouver la base des morceaux au synthé, puis je travaille dessus quelques mois afin d’y ajouter les autres instruments comme la guitare, les percussions et de poser mes lignes de chant. J’enregistre tout cela à titre d’essai et je l’envoie à Gaëlle sur cd. Elle peut alors commencer à réfléchir à ce qu’elle veut apporter au violon. Une fois qu’elle est au point, nous enregistrons le tout définitivement chez moi. Par contre, pour le morceau « Entrelacs », il a été composé par Gaëlle et ce n’est que par la suite que nous avons ajoutés guitare et percussions. Nous allons sûrement renouveler cette expérience car il est intéressant d’entendre des morceaux variés. Gaëlle et moi ne venons pas du même milieu musical et nos influences respectives donnent de bons résultats.


K : Que représente pour toi la forêt de Brocéliande ? Que dégage ce lieu pour toi ?


A : La forêt de Brocéliande est un lieu que j’affectionne tout particulièrement et que j’ai la chance de pouvoir contempler et parcourir dès qu’il m’en prend l’envie. D’une part, c’est une très belle forêt, vaste et d’aspect varié selon l’endroit où l’on se trouve : ici, une forêt de pins très claire, là une multitude de hêtres centenaires et majestueux, répandant une inquiétante fraîcheur. On y trouve un certain nombre de mégalithes (l’hostie de Viviane, le tombeau du géant,…). Culturellement, c’est un lieu passionnant pour ceux que l’histoire intéresse. Mais ce qui fait sa particularité, c’est son aura magique, féerique. On peut ressentir que des créatures, autres qu’humaines ou animales l’ont parcourues et y ont laissées une trace. Cela se ressent réellement et chaque recoin en parait plus mystérieux. Les mythes et légendes sont profondément enracinés dans cette région et nous voulons rendre hommage à la forêt par notre travail. C’est un lieu hors du temps et malgré les invasions de touristes, il ne se dénature pas trop. Les petits hameaux perdus restent authentiques, les constructions sont belles et simples et permettent à la légende de survivre plus longtemps.






K : Quels sont vos goûts en littérature, notamment concernant les légendes arthuriennes ?

A : Nous sommes passionnées par le monde médiéval et sa littérature, d’ailleurs Gaëlle, qui poursuit des études de littérature française, spécialisées en littérature médiévale, vient de terminer un mémoire sur un manuscrit du 14ème siècle composé de contes et légendes populaires (lais, fabliaux, dits miracle). Nous lisons principalement les romans de chevalerie tels que ceux de Chrétien de Troyes et nous avons une préférence pour Perlesvaux, le Roman de Merlin et la Quête du Graal.


K : Quels sont tes influences en matière de musique ?

A : Lorsque nous avons commencé, nous étions surtout influencées par des groupes comme Dark Sanctuary, Dargaard, Arcana dont les ambiances mélancoliques et oniriques parlaient à nos âmes. Aujourd’hui, nous essayons de développer notre propre style et de nous rapprocher plus de la bande originale de film. Nous voulons incorporer plus d’éléments celtiques dans nos morceaux et aller plus loin dans nos concepts. Nous sommes ouvertes à la musique médiévale et peut être intégrerons nous des instruments médiévaux dans de prochaines compositions.


K : Quels sont les projets d’Artesia ?

A : Pour l’instant, nous nous occupons de la promotion de notre nouvel album Chants d’Automne, qui a reçu un très bon accueil pour le moment. Nous allons bientôt commencer à travailler sur le prochain album, une fois que nous serons fixées sur le prochain thème à explorer. Nous voulons également continuer d’associer le plus possible l’image au son en travaillant le plus possible sur notre visuel. Je vous rappelle que vous pouvez écouter des extraits de notre nouvel album sur notre myspace (www.myspace.com/artesia1983).


Propos recueillis par Guillaume L’henaff

lundi 1 octobre 2007

Corde Oblique "Volontà d'Arte" (Prikosnovénie)

Attention chef d’œuvre. Le quatrième album de Corde Oblique se nomme Volontà d’Arte et atteint une sensibilité rarement égalée dans la musique. Plus qu’un groupe, Corde Oblique est la réunion d’artistes autour d’un homme, Riccardo Prencipe, compositeur et guitariste de génie. On retrouvera notamment Catarina Raposo de Dwelling, Claudia Florio de Lupercalia et les musiciens d’Ashram pour n’en citer que quelques uns. Une union entre des voix sublimes et des musiciens talentueux pour nous offrir 13 titres de grandes qualités. Alternant entre romantisme napolitain (« Casa hirta ») et inspirations médiévales faisant parfois songer à Francesco Banchini (« Amphiteatrum puteolanum », « Piazza Armerina »), la musique s’écoule paisiblement. La mélancolie flotte souvent sur Volontà d’Arte que ce soit à travers les voix napolitaines (« My harbour » et le sublime « Cuma ») ou à travers les ambiances néo-classiques au piano (« Before Utrecht », « La pioggia sui tasti »). On notera aussi une (curieuse) reprise de Sepultura avec le titre « Kaiowas » qui est le nom d’une tribu brésilienne, un instrumental très réussi qui montre tout le talent de Riccardo à s’approprier un univers qui n’est pas le sien. Voix napolitaines à faire frémir, un Riccardo Prencipe qui montre sa grande maîtrise du luth et de la guitare classique, le tout soutenu par un piano fantomatique et un énigmatique violon, Volontà d’Arte s’impose déjà comme un classique.

OnzeH30 "OnzeH30" (Prikosnovénie)

On avait découvert le groupe OnzeH30 sur la compilation Fairy world 3 avec notamment l’énergique titre « Parjure » (qui s’avère explosif en live !) qui ouvre d’ailleurs le premier album de cette tribu venue de Tours. Celui ci permet de découvrir d’autres facettes de ce groupe autour duquel se dégage une certaine hétérogénéité. Ces dandys surréalistes vous accueillent au sein de leur cabinet des bizarreries pour un voyage musical étonnant et accrocheur. Il est difficile de qualifier le style et l’univers de OnzeH30 tant ce dernier est riche et divers. Autour de la douce voix de Clémence, on navigue entre rock énergique (« Parjure », « Outrageante ») et musiques plus douces s’articulant autour d’une poésie déjantée et surréaliste (« Bancal », « Optimisme ») quant elles ne virent pas à la berceuse « OnzeH30 ». La trompette et l’accordéon nous offre des expérimentations sonores savoureuses virant quasiment au psychédéliques sur certains morceaux (« Chanteurs à texte », « L’enfant maquillé »). On notera certaines envolées électro comme sur le titre « La paillasse » où Johan Guillon du groupe Ezekiel (autre groupe de Tours) amène sa contribution. OnzeH30 est un groupe original qui a su développer une musique qui lui est propre, teintée d’influences multiples. Un premier album réussi donc, qui espérons le, en appellera d’autres.
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=115056806

Ivo Sedlacek "The garden of silence" (Savita music/Prikosnovénie)

On connaissait Ivo Sedlacek pour son violon méditatif qui nous avait fait voyager au plus profond de nous-mêmes sur l’album Mystical Violin. Mais le tchèque nourrit une passion pour un autre instrument : le monochord. Sur ce nouvel album intitulé The garden of silence, Ivo nous montre tout le caractère méditatif de cet instrument rare. A travers 5 morceaux aux titres aussi simples et évocateurs que « Zen », « River », « Temple », « Lake » et « Sun », Ivo nous livre un album épuré où le monochord occupe toute la place, seulement soutenue une fois par un fantomatique violon sur « Sun ». On pourra rapprocher le monochord de la harpe par sa capacité à créer une atmosphère onirique ou relaxante en quelques notes. En bon musico thérapeute, Ivo Sedlacek crée une atmosphère propice à la relaxation, à la méditation ou au massage. Une musique enivrante faite pour fermer les yeux et vivre en harmonie avec son corps et son esprit. On sent dans cet instrument toute la sagesse de la spiritualité bouddhiste ou japonaise. Si vous recherchiez l’apaisement de votre âme, Ivo Sedlacek vous invite dans son jardin magique, un jardin silencieux où de tant à autres, quelques notes de monochord viendront maintenir votre quiétude.
http://www.prikosnovenie.com/groupes/yvo.html

samedi 30 juin 2007

Antrabata "Elephant rêverie" (Prikosnovénie)

Antrabata est la dernière signature en date du label Prikosnovénie. Ce trio parisien nous délivre un trip-hop doux et enivrant qui sent bon le retour de la nature printanière. Amoureux de la nature, Antrabata remercie d’ailleurs le ciel, l’océan, les arbres et les montagnes dans cet album intitulé Elephant rêveries. Un titre qui trahit l’autre grand intérêt du groupe : l’orient et principalement l’Inde. Des influences qui se font sentir sur un titre comme « White Elephant » où une flûte hypnotique et des sitars nous guident vers cette terre sacrée. A la manière du groupe Rajna, Antrabata distille une musique ethnique et colorée où la voix de Femke, enchanteresse et onirique à souhait (« Miss Encyclopedia »), se déplace habilement et en douceur sur les merveilleuses compositions du groupe. Frais et rayonnant, ce premier album est une réussite qui procure une envie d’évasion. D’ailleurs, je ne saurai résister plus longtemps à ce soleil radieux qui s’abat sur mes fenêtres…

lundi 25 juin 2007

Artesia "Chants d'Automne" (Prikosnovénie)

Le deuxième album des bretonnes d’Artesia Chants d’Automne nous invite à la découverte des mystères de Brocéliande, la célèbre forêt des légendes arthuriennes, théâtre de l’amour entre Merlin l’enchanteur et Viviane, la dame du lac. Ici, c’est surtout la face sombre de la forêt qui est explorée à travers ce qu’on pourrait appeler de la dark heavenly voices. Un piano hypnotique et aérien et un violon atmosphérique et souvent mélancolique permettent de souligner le charme et surtout les dangers de la forêt durant l’automne. La voix d’Agathe, délicieusement perchée plus haut que la cime des arbres de la forêt, nous sert de guide à travers ce monde obscur. L’album, quoi de plus normal, commence par une invitation à pénétrer dans Brocéliande et dans la musique d’Artesia, un morceau qui plonge l’auditeur dans l’ambiance que veut faire partager le groupe. La musique est atmosphérique, quasi religieuse et souvent aussi mélancolique que les titres le laissent deviner (« Chants d’Automne », « Terres perdues », « Quand vient la nuit »). La guitare de Loïc apporte une touche appréciable sans laquelle la musique d’Artesia pourrait souffrir d’une certaine monotonie. Les 2 interludes « Entrelacs » et « Sous la lune dansante » sont magnifiques. Le premier, grâce à son violon charmeur nous offre un moment de lumière au sein de la noirceur de l’album. Le deuxième bénéficie d’une rythmique à la guitare qui nous rappelle certaines sonorités médiévales. Le moment le plus inquiétant est atteint avec « Le refuge » où un piano obsédant nous plonge dans les entrailles de Brocéliande. Finalement, l’album s’achève avec l’arrivée de l’hiver « L’hiver est là ». Une autre saison commence, un nouveau cycle pour la forêt et peut être un prochain album sur ce thème.

mardi 29 mai 2007

Fairy world 3 (Prikosnovénie)

Le label Prikosnovénie nous livre le 3ème volet de ses Fairy World. Grâce à cette série, Prikosnovénie nous offre pour un prix dérisoire (2 euros) un aperçu de l’actualité du label. En effet, la compilation permet de découvrir les nouveautés Prikosnovénie ainsi que de nombreux titres inédits (10 morceaux sur 18), prélude souvent aux futures sorties. Un voyage musical à travers les continents et les styles musicaux puisque l’on voyagera de la Bulgarie à l’Inde en passant par la Grèce antique ou le Burkina Faso. Ainsi, cette nouvelle livraison permettra de découvrir les sorties récentes du label avec 2 titres du groupe parisien Antrabata mais surtout grâce à «The long shadow » de Collection d’Arnell Andrea et à « Daemonos » de Daemonia Nymphe, les retardataires auront un aperçu des chef d’œuvres que nous ont livrés la formation orléanaise d’une part et la formation grecque d’autre part. On notera aussi la présence de Maple Bee et de Misstrip qui font toujours l’actualité du label. Concernant les inédits, le morceau d’Irfan « Simurgh », dans la pure tradition du groupe permettra de patienter jusqu’au prochain album prévu pour octobre 2007. On se délectera aussi du merveilleux morceau « Entrelacs » composé par les bretonnes d’Artesia où le violon tient une place importante. Un instrument que le violoniste Tchèque Ivo Sedlacek sait mettre à l’honneur puisque son « Akasha » est une véritable source d’apaisement, un voyage profond qui clôture à merveille cet album. Parmi les nouveaux artistes, on appréciera la fougue du groupe tourangeau onze h30 avec 2 titres qui dégagent une énergie bienvenue. La présence de l’artiste Amadou Sanfo en provenance du Burkina Faso avec un titre possédant un charme et une sensibilité irrésistible montre l’intérêt de Prikosnovénie de se tourner vers l’Afrique, un continent vers lequel le label s’est pour l’heure peu dirigé. Signalons aussi la présence sur Fairy world 3 de Secret Vibes, Mediavolo, Hallucinations, Sharon Lewis (une artiste possédant une voix magnifique et découverte par Maple Bee), PinkNRuby ainsi que d’un remix de Moon far away par Lys. Avec sa série Fairy World, le label Prikosnovénie est en train de bâtir une anthologie de la musique féerique. En plus d’être la compilation idéale pour tous ceux qui voudraient découvrir le label, Fairy World est un évènement incontournable pour tous les passionnés qui guettent dans chaque compilation les futurs artistes qui les accompagneront dans leurs prochains moments de rêveries.

samedi 19 mai 2007

La nuit des fées

Le fameux label Prikosnovénie, référence de la musique féerique organise le samedi 29 septembre dans la cité médiévale de Clisson (44) une nuit des fées. L'occasion de retrouver de nombreux artistes dont la formation orléanaise Collection d'Arnell Andréa qui nous servira son cold rock dans une version accoustique, le violonniste tchèque Ivo Sedlacek et sa musique mystique et comtemplative et le groupe brestois Mediavolo et sa pop éthérée. PinkNRuby, François Caspari et Amadou Sanfo complète le tableau de cette belle programmation. Notons aussi la présence de conteurs et de nombreux stands dédiés à la culture féerique.
http://www.prikosnovenie.com/indexk.shtml

mardi 8 mai 2007

Daemonia Nymphe "Krataia Asterope" (Prikosnovénie)

Daemonia Nymphe est un groupe précieux pour les amateurs de musique historique et de mythologie grecque. En effet, ce groupe grec s’évertue à diffuser la musique grecque antique en se l’appropriant grâce à une reconstitution fidèle des instruments de l’époque et grâce à une bonne dose d’imagination concernant les musiques. L’ensemble forme un tout cohérent. Ce nouvel opus intitulé Krataia Asterope est d’ailleurs le plus aboutit. Daemonia Nymphe ramène à la vie la glorieuse civilisation hellène et rend hommage à sa mythologie et à ses nombreux dieux. Leur musique est si évocatrice que son écoute remplit notre imaginaire de visions de rituels païens, de temples, de côtes ensoleillés et de combats épiques. Toute l’âme de la Grèce antique se répand le temps de ces 11 titres. On regrettera d’ailleurs que les réalisateurs de films sur l’antiquité ne pensent pas à ce genre de groupe pour renforcer la force des images (on peut faire la même remarque pour les films sur le Moyen-Âge). Les compositions sont subtiles et très travaillées avec une vraie recherche de complémentarité des voix masculines et féminines pour un rendu parfois manichéen comme sur le titre « Krataia Asterope » et son final épique et dantesque, sûrement le meilleur morceau de l’album. Parfois, c’est la face sombre qui émerge « Nocturnal hekate » ou « Daemonos », véritable incantation païenne desservie par une rythmique imparable. Mais la lumière n’est jamais loin pour nous éblouir de sa clarté et de sa limpidité et l’on comprend grâce au sublime « Sirens of Ulysses » la difficulté des marins à s’éloigner de ces dangereux rivages et de leurs tentatrices. Les instruments d’époque confèrent un onirisme certain et contribuent en grande partie à la qualité de ce voyage musical. Daemonia Nymphe n’a certes pas beaucoup de concurrence dans ce style musical mais ce groupe est incontestablement le plus doué et son Krataia Asterope est un chef d’œuvre qui n’a décidément qu’un défaut, sa durée (seulement 36 minutes 39).