lundi 25 juin 2007

Artesia "Chants d'Automne" (Prikosnovénie)

Le deuxième album des bretonnes d’Artesia Chants d’Automne nous invite à la découverte des mystères de Brocéliande, la célèbre forêt des légendes arthuriennes, théâtre de l’amour entre Merlin l’enchanteur et Viviane, la dame du lac. Ici, c’est surtout la face sombre de la forêt qui est explorée à travers ce qu’on pourrait appeler de la dark heavenly voices. Un piano hypnotique et aérien et un violon atmosphérique et souvent mélancolique permettent de souligner le charme et surtout les dangers de la forêt durant l’automne. La voix d’Agathe, délicieusement perchée plus haut que la cime des arbres de la forêt, nous sert de guide à travers ce monde obscur. L’album, quoi de plus normal, commence par une invitation à pénétrer dans Brocéliande et dans la musique d’Artesia, un morceau qui plonge l’auditeur dans l’ambiance que veut faire partager le groupe. La musique est atmosphérique, quasi religieuse et souvent aussi mélancolique que les titres le laissent deviner (« Chants d’Automne », « Terres perdues », « Quand vient la nuit »). La guitare de Loïc apporte une touche appréciable sans laquelle la musique d’Artesia pourrait souffrir d’une certaine monotonie. Les 2 interludes « Entrelacs » et « Sous la lune dansante » sont magnifiques. Le premier, grâce à son violon charmeur nous offre un moment de lumière au sein de la noirceur de l’album. Le deuxième bénéficie d’une rythmique à la guitare qui nous rappelle certaines sonorités médiévales. Le moment le plus inquiétant est atteint avec « Le refuge » où un piano obsédant nous plonge dans les entrailles de Brocéliande. Finalement, l’album s’achève avec l’arrivée de l’hiver « L’hiver est là ». Une autre saison commence, un nouveau cycle pour la forêt et peut être un prochain album sur ce thème.

jeudi 21 juin 2007

Prochaines sorties

Ne nous arrêtons pas en si bon chemin et attardons nous sur les sorties à venir durant les prochains mois car on va avoir du beau monde dans les bacs. En effet, après avoir sorti un EP de remix Cybershaman de son dernier album, le plus grand groupe de la scène païenne (et je n'éxagère pas) Omnia va sortir son prochain album au mois de Juillet. Ce mois verra aussi la sortie du prochain album de Corvus Corax, groupe mythique de la scène médiévale. Comme si ces deux sorties ne suffisaient pas, au mois d'Août paraitra le live de Loreena McKennitt à l'Alhambra dans un formidable coffret comprenant 2 cds et un dvd.
Enfin dans le style rock progressif, un genre que les amateurs de musiques féeriques apprécient, sachez qu'au début du mois de septembre sera réedité le premier album de Pink Floyd dans une somptueuse édition 3 cds.
Les liens myspace d'Omnia et de Corvus Corax à découvrir absolument pour ceux qui ne connaissent pas :

News Juin 2007

En ce jour de fête de la musique et de solstice d'été donc jour important pour les païens qui perpétuent les anciens cultes solaires, je tenais à faire un petit point sur mes activités. Pour commencer, je dois préciser qu'en ce moment entre mon stage et la recherche d'un appartement, mes chroniques ne vont pas aussi vite que je le voudrais et les cds ont tendance à s'accumuler. Pour autant, les chroniques seront faites et voici le programme. Nous ferons un tour du côté de la scène Métal car il ne faut pas oublier que nombre de métalleux aime l'imaginaire et les univers enchantés et vice versa (ou l'inverse). C'est pourquoi nous chroniquerons les derniers albums de Kamelot, Freedom Call, Symphony X ainis que le métal Irlandais de Cruachan et l'excellent album de Folk Humppa Métal de Korpiklaani Tervastanko. Autre grande réjouissance, nous chroniquerons aussi le dvd live de Rhapsody que les fans attendent depuis des années. Du côté de la scène heavenly voices, nous chroniquerons le dernier album de Lisa Gerrard The silver tree et le dernier album des bretonnes d'Artesia, en hommage aux mystères de Brocéliande.

jeudi 14 juin 2007

37ème Festival Interceltique de Lorient (Keltia musique)

Rendez vous estival incontournable pour tous les amateurs de musiques celtiques, le 37ème festival Interceltique de Lorient mettra à l’honneur l’Ecosse. Keltia musique nous livre donc le cd officiel du festival, un album qui permettra à l’auditeur de découvrir à travers 21 titres les artistes sélectionnés. On retrouvera donc parmi les têtes d’affiches, l’irlandaise Sinéad O’Connor qui vient de sortir son nouvel album, l’incontournable Bagad de Lann-Bihoué, Didier Squiban, Dan ar Braz et on notera la présence des indémodables The Dubliners qui avec le traditionnel « The wild rover » nous livre un titre qui sent bon la chaleur des pubs irlandais. Plus étrange, la présence de Laurent Voulzy même si finalement son titre « Caché derrière » est réussi malgré un refrain que certains trouveront kitsch. Parmi les réjouissances, le chant de sardinières « Ar merc’hed yaouank », idéal pour se mettre de bonne humeur et le rock festif des Canadiens de The Mahones qui donne envie de sauter partout en criant. Nos frères celtes d’Espagne ne sont pas en reste et nous démontrent tout leur talent à travers les formations en provenance des Asturies ou de Galice. On appréciera particulièrement « Outes » de Fia na roca, véritable invitation à rentrer dans la danse.
Année de l’Ecosse oblige, les Ecossais sont représentés sur 5 titres parmi lesquels l’envoûtant « Tony’s Tune » de Fred Morrison et l’énergique « Encore » d’Unusual Suspects qui clôture parfaitement cet album. Une édition qui sur disque remplit ses promesses et donc qui ne devrait pas nous décevoir sur scène.

Mediavolo "A secret sound"(Kalinkaland)

Ne vous y trompez pas, Mediavolo n’est pas un groupe médiéval. Leur style est plutôt la pop éthérée dans la plus pure tradition 4AD. On pensera immédiatement au Cocteau Twins tant la voix de Géraldine ressemble à celle d’Elizabeth Fraser (pour les plus jeunes ou les incultes, c'est la chanteuse de Cocteau Twins qui chante sur le "Teardrop" de Massive Attack). Ce sentiment sera très fort sur le titre « Mass Anasthesia », véritable perle de l’album. Mais le reste des productions n’a pas à pâlir de ce titre tant les compositions sont soignées et efficaces. Pour ce 3ème album A secret sound, le groupe brestois nous livre un son hypnotique parfois cold wave ou cold rock mais toujours avec une sensation de mélancolie. A coup de piano aérien, de guitares hypnotiques et de nappes planantes jusqu’à saturation, Mediavolo dépeint un monde envoûtant dominé par un brin de nostalgie et de mélancolie (« Resolve » ; « Death & the city »). Parfois, le son se fait plus énervé et énergique (« Human & live » ; « Misunderstanding ») mais c’est toujours la même impression qui ressort. La voix de Géraldine est tout simplement parfaite pour ce genre de compositions, se déplaçant comme une ombre cristalline pour nous élever vers le ciel « A secret sound ». Un album frais qui ravira vos moments de rêveries solitaires.
A noter que Mediavolo se produira le 22 juillet durant les semaines arthuriennes avec un set que l’on nous promet inhabituel et surtout durant la fameuse nuit des fées organisée le samedi 29 septembre 2007 par le label Prikosnovénie à Clisson.

mardi 12 juin 2007

Ez3kiel "Naphtaline" (Jarring effects/ Pias)

Le trio tourangeau Ez3kiel souvent classé abusivement dans la scène dub nous livre un surprenant projet multimédia intitulé Naphtaline. Attardons nous d’abord sur la forme car le coffret qui recouvre les précieuses galettes est doté d’une pochette magnifique, illustration complexe et énigmatique, véritable prélude à l’univers onirique et mystique qui nous attend. Les précieuses galettes ? Oui, car le coffret comprend un cd audio et un dvd hybride rom/vidéo. En effet, Ez3kiel qui a toujours accordé une grande place au visuel crée ici une osmose parfaite entre la musique et les images, le dvd-rom proposant des tableaux crées par le bassiste du groupe Yann Nguema sur lesquels la musique vient se greffer. Le cd audio correspond donc à la BO de cet univers singulier qui se veut tour à tour onirique, mystique, fantastique, inquiétant, complexe, mélancolique et poétique. Le spectateur se perdra dans chaque tableau sur lequel il agit directement grâce à sa souris, modifiant les éléments, la musique et le graphisme. Un projet d’une grande originalité donc qui propose de surcroît un paramètre intéressant, l’interactivité. Mais si le graphisme est somptueux, que dire de la musique. Les titres de Naphtaline sont merveilleux emplis d’une poésie et d’une sensibilité incroyable. On rentre dans Naphtaline comme un cow boy solitaire dans un film de Sergio Leone « Volfoni » puis les ténèbres nous rattrapent déjà « Subaphonic ». On sent que nous avons basculés dans un monde étrange qui n’a plus de frontières. Les rues sont désertes et froides « Naphtaline » et soudain un pantin mécanique surgit au détour d’une ruelle « Le lac des signes ». Alors déjà, avec un sentiment d’amertume on regrette le passé « Derrière l’écran ». Au lointain, on entend toujours ce même air répétitif et un sifflement étrange« Exebecce ». Depuis, chaque saison, je n’entends plus que ce piano fantomatique qui m’oppresse « Leopoldine ». Mais surtout, c’est lorsque vient l’hiver rigoureux que, regardant les flocons tomber, ce piano m’obsède le plus. Il vient me hanter même la nuit et m’emmène dans un monde que j’ai autrefois connu « Mon plus beau cauchemar ».
Les morceaux souvent sombre, mélancolique et inquiétant auraient pu servir pour une bande originale d’un film de Dario Argento ou pour décrire l’univers si particulier de Lovecraft. En 53 minutes, la musique d’Ez3kiel parvient à faire transmettre les émotions qu’elle véhicule et après tout, n’est ce pas ce qu’on demande à la musique ?

Ataraxia "Kremasta Nera" (Ark records)

En grand amateur de civilisations disparues, le groupe Ataraxia nous livre dans son dernier album Kremasta Nera la suite de Lost Atlantis paru 1999. Partons donc sur l’île de Samothrace où la puissance de la déesse blanche règne. Suivons la voix de la grande prêtresse de cette île, j’ai nommé l’oracle, l’incarnation de la déesse, Francesca Nicoli. Sa voix se fait l’écho sans retour des restes d’un monde enfoui avec ses secrets. Un univers dévasté qui jamais ne renaîtra, terrassé par le monothéisme et les rites modernes de l’homme. La prêtresse nous emmène dans un univers très ésotérique sur les traces de l’initiation aux mystères de cette civilisation. Nous y découvrirons des cérémonies païennes et des rituels très anciens (« The song of axieros », « Ebur »). On sera agréablement surpris par le chant apocalyptique en français de toute beauté « Ochram » et par la mélodie au piano de « Wings (I had once) ». Des sonorités orientales ou de la Grèce antique apparaîtront au gré de notre voyage initiatique (« Therma », « Kaviria », « Klethra »). Le titre final « La fame e la danza » empli de tristesse, nous montrera l’attachement de la prêtresse à cette terre sacrée, une terre qui disparaîtra à jamais quand le 14ème titre de cet album se sera achevé. Kremasta Nera est placé sous le signe de la mythologie antique mais abordée différemment que la formation grecque Daemonia Nymphe. Ataraxia parvient une fois de plus à s’approprier un univers et à le restituer avec finesse et émotion, un album qui nous convie jusqu’à l’ataraxie.