dimanche 30 décembre 2007

L'année 2008

Petit tour d'horizon des sorties à venir en 2008. Tout d'abord, au mois de janvier sortiront les albums de Ez3kiel et de Ayreon dont vous pouvez lire les chronique sur ce site. Sinon, les autres sorties attendues sont les suivantes :
-Qntal (22 février 2008)
-Arcana "Raspail" (février 2008)
-Trobar de morte (Coming soon)
-Mike Oldield "Music of the spheres" (mars 2008)
-Stille Volk (date indéterminée)
-Alan Simon "Anne de Bretagne" (Alan Simon prépare un opéra avec Cécile Corbel dans le rôle de Anne de Bretagne)
-Prikosnovénie (l'inévitable label de référerence avec les sorties attendues de Alizbar, Maple Bee, Louisa John Krol, Karin Höghielm et surtout Caprice. De plus, Prikosnovénie annonce un grand projet pour Fairy world 4, une information qui fait forcément cogiter, que nous prépare Prikosnovénie ?)
Il faut rajouter à cette liste, les nombreux artistes que j'affectionne et pour lesquels j'ignore encore qu'ils vont sortir un nouvel album en 2008.
Bonne année à tous et à l'année prochaine pour de nouvelles aventures féériques.

samedi 29 décembre 2007

Collection Alan Stivell part.1 (Keltia IIII/Harmonia mundi)

Le label Harmonia mundi continue sa tache titanesque mais ô combien salutaire de rééditer la discographie de Alan Stivell, le père fondateur de la musique celtique moderne, dans des versions remastérisées. Ce travail avait été commencé en 2005 avec la sortie de 4 albums : In Dublin, Symphonie celtique, Again et Brian Boru. Aujourd’hui, c’est six nouveaux albums qui viennent enrichir cette collection : Terre des vivants, Legend, The mist of Avalon, 1 Douar, Back to Breizh et Au-delà des mots. L’occasion de se replonger dans l’incroyable diversité de la musique de Alan Stivell avec des albums qui bénéficient d’un son de grande qualité et de pochettes revues et clarifiées. Ce qui frappe avant tout lorsqu’on considère l’intégralité de la musique de Stivell, c’est ses allers retours incessants entre diverses musicalités, la musique celtique n’étant que le trait d’union d’un univers musical bien plus vaste où les frontières ne sont pas celles qu’ont imposées les Hommes. En premier lieu, nous nous intéresserons à trois de ces six albums, à savoir Legend, The mist of Avalon et Au-delà des mots. J’ai choisi ces albums pour leurs références plus ou marquées à l’imaginaire. En effet, Legend (1983) propose de s’évader dans la mythologie celtique et bretonne à travers de nombreux titres oniriques. The mist of Avalon (1991) s’attaque à la légende arthurienne, mythe celtique par excellence qui rayonna à travers l’Europe et continue d’enflammer l’imagination de nombreux auteurs modernes voire de scénaristes télé (cf. Kaamelott). Alan Stivell se devait de consacrer un album entier à tout ce cycle d’aventures. Enfin, Au-delà des mots (2002) marque le retour de Stivell vers une musique instrumentale plus intimiste, essentiellement joué à la harpe celtique, instrument onirique par excellence, cet instrument qu’il affectionne tant. Le plus cohérent étant de respecter l’ordre chronologique pour ces chroniques, nous allons commencer par l’album Legend.
Cet album a été pensé par Stivell comme une descente dans la mythologie celtique à travers des thèmes oubliés mais universels. Peut être cette pierre du Cairn de Gavrinis que l’on voit dériver dans l’espace sur la pochette joue t-il le même rôle que le mégalithe noir de « 2001, l’odyssée de l’espace ». Source d’inquiétude et d’interrogation, il joue un rôle essentiel dans l’avenir du monde, tout comme la culture celtique à travers sa dimension fédératrice. Legend contient 15 morceaux mais est divisé en 3 parties. La première partie correspond à la musique composée par Alan Stivell pour le film de Monique Enckell, « Si j’avais 1000 ans ». Une musique évanescente et mystique pour soutenir l’intensité des images. La partie 2 n’est composé que de 2 titres mais le morceau « Imran Brain » présente la particularité d’être chanté en gaélique du haut Moyen Age. Un morceau qui témoigne de la volonté de Stivell de se rapprocher le plus possible des fondements de la culture celtique. La partie 3 est tout aussi ambitieuse puisqu’elle se propose de raconter en 7 morceaux l’arrivée des Tuatha Dé Danann, le peuple mythique d’Irlande. Le premier morceau « Les peuples dieux de Dana », sonne très asiatique notamment grâce à l’utilisation d’un orgue à bouche indonésien, preuve que Stivell s’ouvre à toutes les cultures pour raconter cet épisode de mythologie celtique. Les instrumentaux suivants, limpides et oniriques, dépassent les mots pour conter cette histoire, les accords de harpe se suffisant pour emmener l’auditeur sur les terres de l’Irlande mythologique.
Avec The mist of Avalon, Alan Stivell s’attaque à un monument de la culture celtique, la légende arthurienne. Fruit d’un travail commencé au milieu des années 1980, l’album sort en 1991. Ce qui frappe à son écoute, c’est sa tonalité pop celtique universel avec ses chansons chantées souvent en anglais et ses mélodies accrocheuses. On remarquera aussi que le titre de l’album fait référence au roman de Marion Zimmer Bradley, The mists of Avalon, paru en 1983 et qui proposait la relecture du mythe arthurien à travers les personnages féminins de la légende. Stivell nous convie donc dans son épopée arthurienne à revivre à travers la musique, les émotions et les aventures de nos héros. Pour ce faire, le compositeur breton utilise de nombreux instrumentaux, laissant ainsi la musique pénétrer l’auditeur et laissant faire son imaginaire pour faire vivre cette histoire sans parole (« Morgan », « La blessure d’Arthur »). Parmi les chansons, on appréciera les titres « La dame du lac » et « Guenièvre », deux très bons morceaux chantés en anglais et en breton avec une voix féminine sublime qui vient parachever ces deux petits bijoux de pop celtique. Pour son inspiration, les sources de Stivell sont diverses et parfois surprenantes puisque le morceau « Strink ar Graal » provient d’une inspiration de Francis Lalanne. Pour le reste, on trouvera notamment des emprunts au célèbre barde Taliesin, au Mabinogion et à l’incontournable Barzaz Breiz.
Malgré la réussite de The mist of Avalon, on regrettera que Alan Stivell n’ait pas plus puisé dans les racines celtiques pour conter cette aventure immémoriale malgré l’effort effectué avec le titre « Le chant de Taliesin » puisque ce morceau est chanté dans la langue parlée au temps du roi d’Arthur.
En 2002, Alan Stivell célèbre le cinquantenaire de la harpe celtique un peu en avance (il a eu lieu « officiellement » en 2004) avec la sortie de cet album entièrement instrumental intitulé Au-delà des mots. Alors qu’on aurait pu penser voir Stivell s’embarquer vers une musique celtique expérimentale pour ce nouveau millénaire, l’artiste breton préfère revenir aux sources et livrer 30 après Renaissance de la harpe celtique, un album dédié à son amour de toujours : la harpe celtique. Il faudra finalement attendre Explore en 2006 pour voir revenir Stivell à des expérimentations électroniques. Au-delà des mots s’affirme donc comme un album intimiste où le titre traduit très bien la vision ineffable de la musique de Stivell. Cette dernière étant assez « pure » pour transmettre les émotions qu’elle veut véhiculer. Cette transgression des frontières entre la musique et les paroles prend aussi son sens géographiquement. La pochette, tout d’abord, nous montre un océan onirique s’étendant à perte de vue. Puis, les morceaux contribuent à affirmer ce caractère à travers des morceaux comme « La Celtie et l’infini » (en 3 parties) et le néo-triskell de Stivell « La harpe, l’eau et le vent » (en 2 parties) où la harpe, l’eau et le vent viennent remplacer la terre, l’eau et le feu. Signalons aussi le morceau « Bleimor : le bagad » assez déconcertant dans sa conception mais qui s’avère une réussite. Enfin, mentionnons « Harpe atlantique », le morceau explosif de l’album qui démontre une véritable dextérité et une formidable vitesse d’exécution de la part de Stivell. Un morceau qui sera d’ailleurs repris par Rhapsody comme interlude sous le titre « Elnor’s magic valley » sur l’album Rain of a thousand flames.
Certes, Au-delà des mots est un album plus difficile d’accès que la majeure partie des titres de sa discographie mais la pureté des accords de Alan Stivell mérite que l’on prête une oreille très attentionnée à cet album. Une vison de la musique et de la culture celtique parfaitement résumée par ces quelques mots issus du livret : « La harpe, l’eau, le vent, au-delà des mots, résonance infinie vers l’harmonie ».
S'il existe des gens qui ne connaissent pas Alan Stivell (mais j'espère que cela n'existe pas), voici le myspace :



vendredi 28 décembre 2007

TOP ALBUMS 2007

La fin de l'année sonne aussi l'heure des bilans. Voici donc mon top 10 pour les albums parus en 2007. Et le vainqueur est...



1- Faun "Totem" (Curzweyhl)

Le dernier album en date des germains fut un nouveau bijou de musique medieval folk, un album magistral qui vient compléter une discographie qui l'est tout autant.




2-Irfan "Seraphim" (Prikosnovenie)

Le deuxième album des bulgares est tout aussi sompteux que le premier avec des musiques antiques, médiévales et mystiques qui atteignent des sommets.








3-Corde Oblique "Volontà d'Arte" (Prikosnovénie)

Riccardo Prencipe se révèle un guitariste de génie et sa dextérité au luth est une merveille. Un album entre musiques médiévales et sublimes voix napolitaines qui atteint une sensibilité rarement égalée.







4-Hexperos "The garden of the hesperides"
(Equilibrium music)

La très bonne surprise de cette fin d'année. Le duo italien nous livre une musique néo classique de toute beauté.







5-Korpiklaani "Tervaskanto" (Napalm records)

Les finlandais continuent de prouver l'étendu de leur talent à chaque album avec ce nouvel opus qui propose un cocktail de finnish humppa folk metal surpuissant, un album très festif.






6-Loreena McKennitt "Nights from the Alhambra"(Quinland road)


Une artiste de référence qui interprète les plus grands morceaux de son répertoire dans un lieu somptueux, que dire de plus !!






7-Daemonia Nymphe "Krataia Asterope"
(Prikosnovenie)
Les grecs nous plongent une fois de plus dans une Grèce antique fantasmée parmi les nombreux dieux de la mythologie grec.






8- The moon and the nightspirit "Rego rejtem"
(Equilibrium music)

Le duo hongrois nous livre un deuxième album sompteux avec une musique féerique de toute beauté et des textes en hongrois.






9- Paulin Bundgen "Etrange septembre" (Cynfeirdd)

La surprise de l'année, le contre ténor Paulin Bundgen livre un album surprenant dans un univers mediéval fantastique et inquiétant.





10- Les ramoneurs de menhirs "Dañs an diaoul"
(Folklore de la zone mondiale)

L'ancien guitariste des Bérus, Loran, permet enfin à La Bretagne d'avoir un groupe punk énergique et engagé qui ne renie pas ses racines, Bevet Breizh !!





Voilà pour ce classement, désolé pour les pochettes qui ne sont pas toutes au même format et je tiens à préciser qu'à l'heure où j'effectue ce classement je n'ai pas encore reçu l'album de Omnia "Alive" qui je pense aurait largement eu sa place au sein de ce Top 10.

News Décembre 2007

En cette fin d'année, un petit point sur mes activités s'impose. Voici donc les futures réjouissances qui seront chroniquées dans l'auberge. On trouvera 3 des 6 albums de Alan Stivell réédités par le label Harmonia mundi (Normalement les 3 autres suivront après). Nous nous intéresserons à l'album de Nolwenn korbell en collaboration avec Soïg Sibéril,un très bel album intimiste et accoustique chanté en breton qui s'intitule Red. Nous ferons un tour vers la musique médiévale avec l'album de Joel Frederiksen The Elfin Knight qui nous livre de somptueuses danses et ballades de la renaissance. Nous chroniquerons aussi l'album de Kinovia Knjiga Pelinova paru chez Cynfeirdd ainsi que la musique particulière de Chaostar avec l'album Underworld paru chez Holy records. Enfin, nous aurons droit à 3 gros morceaux avec le dernier album de Omnia Alive (ainsi que le EP Cybershaman) et le nouveau Dvd de Faun Ornament. Un joli programme en perspective !!

lundi 17 décembre 2007

EZ3kiel "Battlefield" (Jarring effects/discograph)

« Au bord des fleuves de Babylone, Dieu choisit Ezekiel pour être son prophète. Au bord des fleuves conduisant à une noirceur sans fin. A l’inverse des autres prophètes, Ezekiel apporta alors lumière et espérance à un peuple qui se sentait abandonné, de quoi affronter le long et douloureux champ de bataille qui se dressait devant lui. »
Cette introduction figurant sur le dossier de presse a de quoi faire saliver tout auditeur qui aime l’œuvre d’EZ3kiel. En effet, moins d’un an après la sortie du formidable Naphtaline, album concept mêlant habilement image et son, le groupe tourangeau nous livre déjà sa nouvelle bataille pour l’avènement de la lumière avec Battlefield. La référence biblique d’introduction n’est pas anodine tant ce nouvel opus nous manipule dans les tourments des temps anciens avec toujours un manichéisme très prononcé, les moments de fureur laissant leur place à des musicalités plus apaisantes de grandes puretés. L’entrée sur le champ de bataille se déroule dans des conditions ténébreuses (« Adamantium ») mais la fureur ultime dans sa haine sera à mettre au profit du court morceau « Firedamp ». Plus qu’un clin d’œil au précédent album, « Volfoni’s revenge » se veut un trait d’union entre deux albums qui, s’ils ne développent pas la même musicalité, développent le même esprit. « Spit on the ashes » est marqué par la présence du chanteur/slammeur Blurum 13, un titre qui prend ainsi une tournure particulière avec ses chœurs planants à la Pink Floyd. Plus électro parfois, cet album est surtout définitivement rock, un rock ciselé avec des batteries indus (« Break or die »). « Lull » marque le calme avant la tempête, le prélude paisible qui laissera sa place à un enchevêtrement de violence et de chaos (« Firedamp »). Pour mieux souligner cette dualité et ce manichéisme permanent, EZ3kiel se permet même de reprendre « The Montagues and The Capulets » de l’opéra « Roméo et Juliette » du compositeur russe Sergueï Prokoviev. Un thème qui ne manque pas de souligner le duel à mort dans sa démesure et son incohérence. « Wagma » sonne enfin comme un happy end timide au milieu du chaos, Ezekiel ayant apporté la lumière mais le mal court toujours. Battlefield s'avère une réussite, l’appropriation d’un univers singulier par un groupe talentueux.

dimanche 16 décembre 2007

Fia na roca "Vente vindo" (Corda frouxa)

Fia na roca est un groupe galicien que l’on a pu découvrir en Bretagne à l’occasion du 37ème festival interceltique de Lorient et Vente vindo est leur dernier album en date. Les sept membres du groupe galiciens jouent une musique empruntée essentiellement au répertoire traditionnel de cette région du nord ouest de l’Espagne. Le charme de la musique de Fia na roca (et bien souvent de la musique galicienne en général) repose sur l’association entre la beauté des airs celtiques avec la chaleur de cette langue latine qu’est le galicien. Enfin, dans le registre de la musique celtique, ne vous attendez pas à une profusion de cornemuse, le groupe n’utilisant que rarement la gaïta ce qui inscrit la démarche de Fia na roca dans un univers plus folk avec le triptyque accordéon guitare violon. Pour autant, les musiques sont soignées et de grandes qualités et le timbre de voix de la chanteuse Sonia Lebedynski est sublime. Le premier morceau « Outes » formidablement accrocheur et virevoltant pourra faire songer à un autre groupe galicien, Luar na Lubre. Ce morceau est véritablement festif et dispose d’un final très intense. Les 13 autres morceaux ne seront jamais aussi rythmés. On aura le droit à quelques instrumentaux savoureux (« Diferenzias », « Marchiña » ou « Golpe do eume ») ou à un morceau étrangement jazzy (mais réussi) grâce à une très bonne rythmique au piano (« Noite negra »). « Son de meira » assure lui la note mélancolique de l’album, un morceau rempli d’émotion. Enfin, Vente vindo se clôture par « Monzo », un morceau savoureux où l’on ressent toute la chaleur galicienne, et « vente vindo », l’occasion de profiter une dernière fois de la très belle voix de Sonia.
Bref, Fia na roca joue une musique fraîche et authentique, à découvrir absolument.

mercredi 12 décembre 2007

Ayreon "01011001" (Inside out/SPV)

Ayreon est le nom d’un projet initié par le multi instrumentiste néerlandais Arjen Anthony Lucassen. Un projet qui a déjà eu tout l’honneur qui lui revenait dans Khimaira donc je vous invite à vous reporter au numéro 3 consacré au Space Opera pour en savoir plus. 01011001 est donc le titre de cette septième aventure de Ayreon, un ménestrel du sixième siècle plongé dans des histoires folles mêlant fantasy et science fiction. La pochette est une nouvelle fois sublime puisque depuis l’album Into the electric castle, elle est signée par l’artiste anversois Jef Bertels. Comme à l’accoutumer, ce nouvel album de Ayreon est conçu comme un gigantesque opéra tenant sur 2 cds et contant une histoire de science fiction. Il y a autant de virtuosité que de grandiloquence dans la tache que cherche à accomplir Lucassen mais après tout cette recherche de la démesure constitue une sorte de graal ou de quintessence pour l’amateur de métal (ou de musique en général). En effet, Ayreon s’entoure à chaque album de nombreux artistes oeuvrant pour la plupart dans la sphère du métal et multiplie les influences. Pour 01011001, on trouvera notamment au casting Tom Englund (Evergrey), Bob Catley (Magnum), Floor Jansen (After forever), Hansi Kürsch (Blind Guardian) et la sublime voix de Anneke Van Giersbergen (ex-The Gathering) parmi la quinzaine d’invités. Concernant la musique, Lucassen a une nouvelle fois soigné les 15 compositions de cet album et multiplie les références. Ainsi dans son « space rock opera », plusieurs genres sont abordés et même si la base reste un métal/rock progressif, on remarquera des influences folk ou classique. On passera ainsi de longs morceaux de métal progressif ou de rock progressif à des morceaux plus intimistes puisant vers des influences celtiques (le magnifique « Web of lies » chanté par Simone Simons du groupe Epica) ou médiévales (« River of time »). Parfois, l’auditeur se surprendra à deviner des influences de Final Fantasy (« The fifth extinction ») ou une fantomatique présence des Pink Floyd.
Un projet très ambitieux, pas forcément toujours abouti mais dans sa démesure, Lucassen, parvient tout de même à livrer une œuvre d’une très grande cohérence dont chaque nouvelle pierre contribue à bâtir un monument de la musique moderne. L’année 2008 commence bien !!

Sortie le 25 janvier 2008
Myspace : http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=59300772

mercredi 5 décembre 2007

Magica "Hereafter" (AFM)

Troisième album des roumains de Magica qui avec Hereafter nous livre un très bon album de métal symphonique dont le seul défaut serait de perdre un peu d’intensité à la fin. La pochette, magnifique, fournit une bonne entrée en matière vers l’univers féerique de Magica. La voix de la chanteuse Ana Mladinovici est somptueuse et ne souffre pas de la comparaison avec une Tarja Turunen (ex-Nightwish) ou une Sharon Den Adel (Within Temptation). La musique des roumains n’est pas en reste puisque les compositions s’avèrent très mélodiques comme sur le morceau « All waters have the colour of drowning » et sa partie au piano de toute beauté assortie du chant d’Ana empreint de mélancolie. Plusieurs titres développent une orchestration épique magnifique, c’est le cas de « Turn to stone » et surtout de « No matter what », un titre somptueux tant dans son instrumentation que dans les sonorités développées. Magica sait aussi faire monter la tension chez l’auditeur comme sur le titre « Entangled » qui met près de 2 minutes avant de s’élancer. L’alchimie entre les compositions du groupe roumain et la voix d’Ana fonctionne à merveille et nous offre des titres accrocheurs où les refrains touchent directement l’auditeur (« Weight of the world »). Avec Hereafter, Magica signe son entrée dans la cour des grands groupes du métal symphonique.

samedi 1 décembre 2007

Poets of their beloved "Embrace the fool" (Equilibrium music)

Poets to their beloved est duo germano néerlandais qui, à l’instar de Hexperos, vient de sortir son premier album Embrace the fool sur le label Equilibrium music. Composé de Saskia Dommisse et de Marcel Schiborr, nos deux artistes se sont rencontrés à l’occasion d’un workshop de Brendan Perry (Dead can Dance). Pourtant, notre duo parvient à s’écarter de l’influence de son illustre aîné et nous livre une néo folk empiétant parfois sur la dark folk, le tout marqué au fer rouge par la mélancolie. A ce titre, on appréciera les sublimes « The disillusioned nihilist » et « Ode on melancholy » où la voix de Saskia colle parfaitement à l’univers musical volontairement dépressif du duo. D’ailleurs même si les deux voix se complètent bien, j’ai une nette préférence pour celle de Saskia, funéraire et paisible à la fois, on l’imagine guider les morts en chansons sur le Styx. Les compositions font pleurer les cordes dans une débauche de romantisme hors du commun, guitare acoustique, violoncelle, violon et même hammered dulcimer s’unissent pour nous faire pénétrer au plus profond de l’âme de nos poètes. A ce titre, le morceau « Innate » est remarquable, tant dans la progression de la mélodie et des voix que dans l'arrivée du refrain en forme d’apothéose. Embrace the fool s’avère un très bon album qui annonce tout le talent de ce duo prometteur.

vendredi 30 novembre 2007

Les Goristes "Kig ha farz mambo" (Keltia musique)

Pour sortir de notre univers souvent mélancolique, un peu d’humour ne nous fera pas de mal avec le septième album des Goristes au titre détonnant Kig ha farz mambo. Le kig ha farz étant un plat régional breton qui signifie littéralement viande et farce. Au programme, 16 nouveaux titres où les paroles tiennent une place prépondérante puisqu’elles jouent avec malices et autodérisions sur les clichés de la Bretagne et de la société. Les Goristes, ce sont 8 gaillards qui portent chacun une lettre du mot g-o-r-i-s-t-e-s sur leur tee shirt en concert et qui se définissent comme 800 kg de chansons brestoises en référence à leurs généreux embonpoints qu’ils assument fièrement. A l’instar des Glochos, Les Goristes chantent la Bretagne mais plus particulièrement Brest, leur ville, qu’ils représentent fièrement, participant ainsi à la culture brestoise au même titre qu’un Miossec dans un autre registre. La musique de nos brestois est très minimaliste, utilisant seulement quelques accords à la guitare, au piano ou à l’accordéon mais vous l’aurez compris, ce n’est vraiment pas l’essentiel dans leur musique. Toutefois, Les Goristes n’ont pas hésités à composer des musiques exotiques (« Kig ha farz mambo », « Grésil »). Concernant les paroles, elles sont souvent très réussies (« Camping car », « Breizh Cow-boys ») mais on regrettera la tournure démagogique voir populiste qu’elles prennent parfois (« La tirelire » et dans une moindre mesure « Le cassoulet politique »). En revanche, saluons la chanson engagée de l’album (« Brest poubelle océane »).
Evidemment, Kig ha farz mambo est un album dont on se lasse assez vite mais cela fait du bien de temps à autre d’écouter Les Goristes.

Moving Hearts "Live in Dublin" (Keltia musique)

Moving Hearts est un groupe irlandais de folk musique peu connu dans nos contrées malgré le prestige dont jouit le groupe auprès de certains amateurs de musique celtique. Ce manque de renommé provient avant tout d’un manque de longévité. En effet, le groupe formé en 1981 par Donal Lunny et Christy Moore (du groupe Planxty) se sépare en 1985. Et encore, sur cette courte période, Moving Hearts a connu deux périodes bien nettes, une première avec Christy Moore au chant remplacé suite à son départ par Mick Hanly en 1982, puis suite au départ de ce dernier le groupe ne fera plus que de la musique instrumentale. Une courte histoire donc, marquée par de nombreux changements mais qu’importe, le groupe vient de se créer un public conquis pour les décennies à venir. Il faut dire que le son que proposent les irlandais passe pour « révolutionnaire » à l’époque. En effet, Moving Hearts propose un mélange de musique traditionnelle irlandaise et de rock and roll auquel s’ajoute des éléments jazz grâce à la présence d’un saxophone virevoltant qui semble agir comme un électron libre. D’ailleurs l’utilisation d’un saxophone pour de la musique folk fait songer au groupe belge actuel Aedo. Moving Hearts s’est reformé en 2007 et a livré en février un concert exceptionnel à Vicar Street à Dublin. C’est ce show que nous propose aujourd’hui Keltia musique sous la forme d’un coffret cd + dvd. Le cd audio reprend évidemment les titres du live mais on s’étonnera que l’ordre des morceaux soit inversé par rapport à ceux joués sur scène. Un concert de près d’une heure vingt qui nous permet de revivre toute l’intensité de la musique des irlandais. Le morceau qui représente le mieux l’esprit Moving Hearts est sans contestation « Category » où saxophone et uilleann pipes se répondent mutuellement pour nous livrer un son très jazzy rempli de chaleur. Le groupe joue parfois des morceaux à tonalité franchement celtique « The storm » n’hésitant pas à puiser aussi dans le répertoire traditionnel « May morning dew ». Live in Dublin est indispensable pour tous ceux qui ont connus Moving Hearts à la grande époque, quant aux autres je leur conseille vivement de découvrir.

mercredi 28 novembre 2007

Hexperos "The garden of the hesperides" (Equilibrium music)

Hexperos est duo italien composé de la soprano Alessandra Santovito qui assure le chant et la flûte et du contrebassiste Francesco Forgione qui assure aussi les claviers et la guitare. Pour leur premier album, The garden of the hesperides, le duo s’est offert les services d’une harpiste et de deux violonistes. Hexperos joue une musique néo classique proche parfois de la musique classique voire de la musique de chambre. Pour autant, l’univers des italiens reste profondément attaché au gothique. Leur musique est très esthétique et le travail de composition est remarquable. La magie s’opère autour de la magnifique voix de Alessandra qui se veut cristalline et évanescente quand elle ne personnifie pas tout simplement la beauté religieuse (« Ave Maria », « Nana »). Mais la magie s’opère aussi autour de la musique, véritable invitation à la découverte d’un monde onirique singulier qui puise ses références aussi bien dans les classiques du genre comme Arcana et la face sombre de Dead Can Dance ou chez des artistes comme Gabriel Fauré ou In the nursery (« The warm whisper of the wind ») pour ses orchestrations martiales. A l’intérieur de cet environnement musical, la magie s’opère aussi autour du jeu de harpe de Francesca Romana Di Nicola qui dégage une sensibilité très prononcée notamment sur le morceau « Loto Nero », véritable chef d’œuvre, ou sur le morceau « Winter Rhymes » qui parvient en quelques accords à nous dépeindre la froideur et la désolation hivernale. Beau et mélancolique à la fois, The garden of the hesperides est une réelle réussite qui place beaucoup d’espoir autour de Hexperos. Incontestablement le chef d’œuvre de cette fin d’année.

lundi 26 novembre 2007

Dwelling "Ainda E Nite" (Equilibrium music)

Retour sur le troisième album des portugais de Dwelling Ainda E Noite paru, comme les deux premiers, sur le label de leurs compatriotes Equilibrium music. Il y a un pré requis indispensable pour aimer Dwelling, c’est d’apprécier le fado. En effet, Dwelling mélange ce courant musical portugais qui repose sur une interprétation mélancolique accompagnée par des instruments à cordes pincées avec la musique néo classique. La sensibilité de la voix de Catarina Raposo (que l’on a depuis pu entendre sur l’album de Corde Oblique) se mélange aux guitares classiques et portugaises pour le style fado tandis que les violons assurent l’esprit néo classique du disque. On aurait tendance à croire que le fado va se marier parfaitement à l’ambiance néo classique tant les univers de ces deux genres musicaux apprécient les mélodies mélancoliques et pourtant on ne pénètre que rarement dans la sensibilité que veut faire passer Dwelling. Peut être doit on chercher du côté de l’utilisation de la langue portugaise la raison de cette frontière qui se dresse entre l’auditeur et la musique des portugais. En effet, alors que la langue étrangère permet souvent de renforcer le caractère exotique de la musique, ici, la langue portugaise ne permet pas de faire ressentir la froideur de l’univers voulu par Dwelling. Reste que cet album n’est pas complètement manqué et réserve tout de même de belles surprises comme les instrumentaux d’ouverture et de clôture (« Vigîla » et « Opus DcXVI ») où le violon tient une place prépondérante et où on ressentira quelques influences jazzy sur le titre de conclusion. La voix de Catarina Raposo est certes agréable mais on a très vite l’impression que tous les titres se ressemblent. Pourtant, cette musique reste parfaitement adaptée en musique de fond. Vous l’aurez compris, Dwelling reste un groupe difficile d’accès mais les amateurs ne devraient pas être décontenancés puisque le groupe portugais reste fidèle à sa musique.
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=85119880

lundi 19 novembre 2007

Hanoi Rocks "Street poetry" (13bis records)

Hanoi Rocks. Pour ceux qui ne connaissent pas, voilà un nom de groupe bien étrange. Le nom de l’album Street poetry, l’est tout autant. Et que dire de cette pochette qui nous présente cinq vieillards, visiblement en manque de repères. Faut il prendre ces accoutrements pour une parodie ou ce groupe se prend t-il vraiment au sérieux ? Hanoi Rocks est en fait un groupe finlandais de glam rock punk qui fut formée au début des années 1980. La carrière du groupe fut brève puisqu’en décembre 1984, le batteur, Razzle Dingley, décède dans un accident de voiture et entraîne la séparation du groupe en 1985. Le groupe se reformera en 2002. Street Poetry est donc le troisième album de la deuxième période de Hanoi Rocks et l’on est rassuré dès les premières notes de « Hypermobile », il s’agit d’un bon hard rock à l’ancienne un peu heavy. La voix du chanteur est agréable sans être transcendante mais sait nous régaler sur un titre comme « fashion » par sa tonalité apaisée. Même si Hanoi Rocks délivre un hard rock calibré pour la FM (« Teenage revolution »), il assume aussi complètement son côté glamour (« Power of persuasion »). Les titres se succèdent et se ressemblent un peu, recasant les vieilles formules d’un hard rock éculé qui ne fait plus recettes. Street Poetry devrait laisser de nombreux auditeurs insensibles mais peut être que chez les vieux loups de mer qui ont connus le groupe dans les années 1980, l’écoute de l’album provoquera une certaine nostalgie.
http://www.myspace.com/hanoirocksofficial

Blackmore's Night "Paris Moon" (Steamhammer)

Blackmore’s Night sort un somptueux coffret intitulé Paris Moon qui regroupe un dvd live d’un concert donné à Paris à l’Olympia en 2006 et un cd audio qui reprend de nombreux morceaux du live. Parlons tout d’abord de la forme puisque le coffret revêt l’apparence d’un vieux grimoire et devrait obtenir une place de choix sur vos étagères. Sur le cd audio, on retrouve 10 morceaux des 19 présents sur le dvd auquel s’ajoute une version studio de « The village lantern » et la version radio edit du très dispensable « All because of you » tant ce morceau sonne commercial. Intéressons nous désormais au live qui permet de retrouver sur scène les plus grands morceaux du groupe comme l’énergique « Under a violet moon » et le succulent « Fires at midnight » où Ritchie Blackmore, l’ancien membre de Deep Purple nous gratifie d’un long et merveilleux solo de guitare. On regrettera seulement que sur certains morceaux le synthétiseur se substitue aux instruments notamment sur « Play minstrel play ». En revanche, il faut saluer les nombreux morceaux où l’on note l’apparition de vrais instruments notamment sur l’excellentissime « World of stone » où Candice Night joue de la chalemie comme sur le titre « The clock ticks on » où de surcroît, Ritchie nous offre une belle introduction à la vielle à roue et où un couple de sonneurs vient participer à la grandiose conclusion de ce titre. La plupart des morceaux sont très longs et permettent à Ritchie de nous montrer toute sa dextérité à la guitare (« Ariel ») et de sortir pour quelques instants de la musique médiévale en jouant un court extrait de la célèbre musique juive « Havah Nagilah » sur le morceau « Home Again » et en jouant « l’hymne à la joie » de Beethoven après le rappel du public. Ce dernier parait un peu timide en début de concert pour finalement être euphorique lorsque la prestation scénique de Blackmore’s Night s’achève. Il faut dire que Candice Night parle et joue beaucoup avec son public. Certains lui reprocheront d’ailleurs son côté niais avec ses sourires permanents exacerbés mais Blackmore’s Night reste un groupe respectable à la démarche sincère qui a su s’approprier la musique médiévale pour nous en livrer une version totalement différente que celles que proposent des groupes comme Faun ou The moon and the nightspirit. Ce Paris Moon représente un bel objet qui permettra de goûter aux charmes du groupe en live pour les connaisseurs et de découvrir un groupe important de la scène féerique pour les autres.
http://www.myspace.com/blackmoresnight1

vendredi 16 novembre 2007

Tri Yann "Abysses" (Marzelle/Sony Bmg)

37 ans de carrière et pourtant ce nouvel album intitulé Abysses marque une première. En effet, c’est le premier album dont les paroles et musiques sont 100% Tri Yann. Abysses se veut la suite (et fin) du diptyque consacré à la mer commencé par le précédent album de Tri Yann, Marines, sorti en 2003. Cet opus faisait suite à l’album Le Pélégrin sorti en 2001 et remarquable pour sa grande qualité et ses compositions très abouties, preuve en est s’il le faut que Tri Yann continue de jouer une musique de qualité. Alors que Marines chantait les évènements se déroulant sur les flots, Abysses, lui, s’intéresse aux fonds marins. A ce titre, la pochette présente, de manière humoristique, une boîte de pâté Hénaff au fond de la mer bretonne. Musicalement, on reconnaît le style Tri Yann, notamment sur un titre comme « Dans la lune au fond de l’eau » qui s’avère fédérateur et entraînant. Le premier titre « Gloire à toi Neptune ! » se démarque par sa programmation qui lui donne un son électro. Sur «La solette et le limandin », on retrouve des influences médiévales que l’on retrouvera plusieurs fois sur l’album (sur « Bransle des murènes » par exemple, chanté en latin) grâce en partie à l’utilisation d’instruments comme le Cromorne ou la Chalemie. On retrouvera bien évidemment, étant donné le thème de l’album, une chanson chantée en breton sur la ville d’Ys « Lorc’hentez Kêr Is ». Le ton se fera ensuite plus mélancolique pour aborder un sujet grave, à savoir les misères et les ennuies d’une petite sirène (« Petite sirène »). Tri Yann abordera aussi un épisode peu connu de l’histoire de la seconde guerre mondiale, le drame du Lancastria (« Lancastria ») avant de nous livrer un instrumental endiablé (« Tir-fo-tonn »). L’album se finit mystérieusement par une plage de 6 minutes 38 où l’on semble plonger dans les fonds marins. Une bien belle façon de conclure ce bon album qui conjugue un thème fédérateur à une créativité musicale intacte.
Site officiel :http://edoll.free.fr/

lundi 12 novembre 2007

Old Blind Dogs "Four on the floor" (Compass records/Keltia musique)

Les vieux chiens aveugles (Old blind Dogs) reviennent avec un nouvel album intitulé Four on the floor. Comme d’habitude, le quatuor écossais rend un bel hommage aux mélodies celtiques grâce à 12 morceaux qui nous baladent sur les terres de Keltia. Des gavottes bretonnes (« Breton ») aux airs galiciens (« Danza do Liño » présent sur le titre « Jigs ») sans oublier un magnifique chant en gaëlique («Beinn A’Cheathaich »), c’est tout un pan de la musique celtique qui parvient à nos oreilles. On trouvera sur cet album quasiment autant d’instrumentaux (souvent entraînant à souhait « Harris Dance ») que de chansons. La fin d’album se laisse aller à une certaine nostalgie puisque l’on retrouve des classiques de Old Blind Dogs comme « Braw Sailin » et surtout « Bedlam Boys/The rights of man », un titre explosif porté par un chant magnifique révolté. L’album se finit par deux titres live, à savoir le fabuleux « Branle », une branle écossaise de toute beauté, hypnotique et incantatrice qui fait songer à certains airs du centre de la France, et le titre « The Bonnie Earl O Moray ». Four on the floor diffuse une musique de qualité qui ravira tous les amateurs de musiques celtiques, d’ailleurs ce n’est pas un hasard si Old Blind Dogs vient d’être nominé pour la finale des Scots Trad Music Awards dans la catégorie « Best folk band ».
http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=71181876

vendredi 9 novembre 2007

Ewen Delahaye Favennec "Tri men" (Dylie/Coop Breizh)

Nos 3 compères qui forment le trio E.D.F, à savoir Patrick Ewen, Gérard Delahaye et Mélaine Favennec nous reviennent avec un nouvel album intitulé Tri men. 4 ans après l’album Kan tri qui avait reçu un très bon accueil, nos vieux loups de mer ont gardés le même esprit et nous content leur amour pour la Bretagne et plus particulièrement leur Bretagne, celle de l’après 68, révoltée et festive. Un album plein de souvenirs qui oscille entre nostalgie et humour tout en accordant de la place à des chants engagés comme le magnifique morceau « A la guerre », véritable réquisitoire contre la nature profondément meurtrière de l’Homme. Autre morceau intense, « Lampedusa », qui nous conte avec beaucoup de sensibilité la « misère » des immigrants qui arrivent à Lampedusa. Du côté de la musique, les compositions rendent hommage à la country et au folk à coups de banjo et d’harmonica (« Vieux frère »). Les accords folk de la guitare accompagnent cette fois encore des chansons chantés en anglais (« Identity »), en breton (« Spered an tan ») et en français. Le violon n’est pas oublié pour autant comme sur le dynamique et nostalgique « Les belles années 70 » que l’on aimerait entendre dans un pub. Côté humour, on pourra se délecter du passionnant « Sur le port de Concarneau » qui relate une aventure arrivée à nos compères le 24 février 1973 ou du savoureux « Logonna » où l’auditeur reconnaîtra sans difficulté le titre « woodstockien » « Gloria ». Le trio EDF a le sens de la comptine doublée d’un message pertinent (« Pollution Solution »). Au final, Ewen Delahaye Favennec délivre une musique sur laquelle plane la joie de vivre et une certaine fraîcheur. Une musique jouée par des musiciens hors pairs qui nous livrent leur conception de la liberté, de l’aventure, de la vie et de la Bretagne. Un album magnifique tant l’alchimie entre les 3 compères atteint des sommets.

lundi 5 novembre 2007

Le prochain album de Mike Oldfield.

Musics of the spheres est le titre du prochain album (très attendu) de Mike Oldfield. Certes, la pochette est assez laide (comme souvent chez Mike Oldfield mais l'important est ce qu'elle contient) et les derniers albums de Mike était assez décevant mais comme le multi instrumentiste a affirmé vouloir revenir avec cet album à un son plus complexe proche de ses albums du début, on est en droit d'espérer.
Réponse le 21 janvier 2008 chez Mercury records.
Pour en savoir plus sur cet album ou sur Mike Oldfield en général, je vous conseille ce blog d'un fan très bien fait:
Sinon, le site officiel (pas très à jour) se trouve à cette adresse :

Yearning "Merging Into Landscapes" (Holy records)

Yearning est un groupe finlandais qui œuvre dans le registre du doom orchestral metal. Merging Into Landscapes constitue leur cinquième opus et sort 10 ans après leur premier album With tragedies adorned. Yearning reste obsédé par les thèmes sombres et la mélancolie et compose un son unique en soutien à un nihilisme exacerbé. Dès l’introduction en latin, on comprend que la joie de vivre ne sera pas le thème de l’album. En effet, dans un style très « ambient », « Nascentes morimur » nous raconte qu’au moment où nous naissons, nous commençons à mourir. La conclusion de cet album « Nemo Ante Mortem Beatus » développe la même philosophie, personne n’est heureux avant sa propre mort. L’auditeur est donc prévu, Juhani Palomäki a une vision de la vie quasiment similaire à la tradition Cathare, l’enfer est sur Terre et seul la mort peut délivrer l’Homme de ses souffrances. Parmi les thèmes ainsi abordés dans cet album, on retrouvera les amours impossibles, les addictions notamment envers l’alcool dont souffre Juhani, la nécrophilie et le dégoût de la vie en général. On trouvera même un très beau poème en finnois « Datura Stramonium ». Concernant, la musique, le métal est magnifiée par l’utilisation des claviers qui viennent soutenir le chant sombre et funéraire de Juhani. Les meilleures lignes de chant sont accomplies lorsque la voix féminine de Tina Sitomaniemi vient soutenir la voix de Juhani créant ainsi une dualité de toute beauté. La meilleure réussite étant le long morceau « Kaleidoscopic Inscape », puissant et mélancolique à la fois. Les parties orchestrales viennent rivaliser avec les parties métals pour un enchevêtrement musical qui ne laissera pas l’auditeur insensible. L’autre grande réussite de l’album s’incarne dans le morceau « Return » où la musique se fait quasi psychédélique pendant que le chant de Juhani prend toute sa mesure tant sa tristesse et sa mélancolie saisit l’âme de l’auditeur. Merging Into Landscapes s’avère être une réussite, une plongée lente et funéraire vers la mort, une mort qui s’exerce quelque part dans l’hiver glaciale de Finlande avec Yearning pour maître de cérémonie.

High Tone "Underground wobble"(Jarring Effects)

Underground wobble (Oscillations souterraines en français) est le cinquième album du quintet lyonnais High Tone. Il faut ajouter à cette discographie, les nombreuses collaborations du groupe avec d’autres artistes tels que Kaly live dub, Wang Leï ou encore Zenzile. Sur Underground wobble, le groupe lyonnais continue, avec une bonne base de « Digidub », d’explorer de nombreux univers musicaux. La force de High Tone reposant sur cette recherche d’abstraction, sorte de graal musical diffusant des effluves d’onirisme. Ce nouvel album comprend 15 morceaux, ce qui est beaucoup et constitue 80 minutes de musique. Pris dans sa globalité, l’album dégage une unité et un ensemble cohérent. Pourtant, chaque morceau dégage une émotion et une sensibilité particulière, que ce soit la mélancolie de « Glowing fire », l’exotisme oriental de « Day break leaving » ou les accents très western de « Do not panic » où l’ombre de Ennio Morricone plane. L’architecture sonore de High Tone utilise à profusion les scratchs et les samples de dialogues de films. Une architecture savamment pensée sur laquelle vient se greffer de nombreuses improvisations afin de donner cette impression de chaos musical entêtant « Freakency ». High Tone, continue d’étonner et de détonner, parvenant en permanence à se renouveler sans trahir sa vision de la musique.

Elend "A world in their screams" (Holy records)

Elend est un duo franco-autrichien fondé en 1993 par Iskandar Hasnawi et Renaud Tschirner. Au fil de leurs carrières, de nombreux membres sont venus se greffer à ce groupe unique. Elend délivre une musique orchestrale puissante et dark qui surprend par son aspect grandiose sans tomber dans le grandiloquent. Après avoir consacré un cycle de 4 albums à l’Office des Ténèbres, Elend voulait consacrer 5 albums à son nouveau cycle : Le cycle des vents. Finalement, A world in theirs screams est le troisième et dernier album de ce cycle puisqu’il le clôture. Une narration en français, sombre, ténébreuse et élégante a été choisie. L’écriture est de nouveau tourmentée et nihiliste. On pensera parfois à l’univers Lovecraftien dans sa description de « l’autre monde » mais c’est surtout aux enfers de la mythologie grecque que les références sont les plus nombreuses. On trouvera notamment plusieurs passages de l’album chantés en grec ancien dont le premier morceau « Ophis Puthôn » qui nous plonge dans l’abîme du temps. Lors de cette descente aux enfers, on peut imaginer ce que fut l’épreuve de nos prédécesseurs, Orphée ou Héraclès, pour rejoindre le royaume d’Hadès et de son épouse Perséphone. Une ambiance poisseuse et oppressante nous guide jusqu’à Charon où le vieillard nous fera traverser le Styx à l’aide de sa barque. Des sons venues d’ailleurs tour à tour, expérimentaux, évanescents ou apocalyptiques grâce aux cordes stridentes ou aux percussions martiales suffisent à renforcer ce caractère de malaise. « Malheur aux hommes de bien car ils seront les esclaves d’esclaves » ou « Je fis offrande à Perséphone de cette veine pleine d’un sang si noble » sonnent comme des échos sans retour d’un monde où la fin des temps est proche. Borée, le vent du nord dans la mythologie grecque, dans le morceau éponyme connaîtra son heure de gloire, la musique devient puissante et les multiples cries suffisent à effrayer les survivants. Le souffle glacial du nord suffit à répandre le chaos.
En 11 titres, Elend anoblit le règne de l’obscurité, personne ne pourra survivre à cette apocalypse « Userpens ». Elend délivre une musique unique, qui avec des instruments classiques, va bien plus loin dans l’exploration des ténèbres que de nombreux groupes de métals qui vont dans ce sens. Amateurs de musiques sombres et d’orchestrations puissantes, vous ne pouvez pas passer à côté de ce A world in theirs screams.

mardi 30 octobre 2007

Helloween "Gambling with the devil' (SPV)

Longévité peut rimer avec qualité. La preuve en est avec ce nouvel album de Helloween intitulé Gambling with the devil. Le groupe qui contribua grandement à l’émergence du power metal dans les années 80 est toujours là en cette fin d’années 2000. A travers une intro et onze titres, Helloween décharge toute sa hargne et sa puissance. Dès « Kill it », on comprend que le Helloween de la grande époque est de retour. Le sommet est atteint avec « Paint a new world », magnifique composition avec un solo monstrueux, le power dans toute sa splendeur. La voix de Andi Deris est magistrale avec des variations de voix magnifique comme sur « The saints ». Les compositions sont brillantes mais c’est vraiment cette incroyable voix de Andi qui entraînera l’auditeur dans ce déchaînement musical. Elle est parfois chargée de mélancolie ou de tristesse comme sur « Final fortune » ou « Fallen to the pieces », des morceaux où l’arrivé du refrain suscite une grande charge d’émotion. Vous l’aurez compris, Gambling with the devil est un très bon album qui provoquera une pointe de nostalgie chez certains, Helloween ayant renoué avec le son de ses débuts.
http://www.myspace.com/helloween

samedi 27 octobre 2007

Compte rendu de "La nuit des fées"

Le samedi 29 septembre 2007 avait lieu la première édition de La nuit des Fées dans la magnifique ville médiévale de Clisson. Une soirée organisée par le label Prikosnovénie, un label spécialisé dans les musiques relatives à l’imaginaire. Une sorte de consécration et d’aboutissement pour ce label qui organisait une soirée sous le signe des fées et de la musique féerique. Hormis le groupe Collection d’Arnell Andrea dans sa version acoustique et les napolitains de Ashram qui se produisirent dans la chapelle Saint Jacques, tous les autres concerts se déroulèrent sous les Halles de Clisson. Sous ces dernières, deux scènes avaient été disposés, une grande et une petite, afin d’éviter les coupures entre deux groupes. C’est Amadou Sanfo, chanteur et conteur du Burkina Faso, qui avait l’honneur d’ouvrir cette première édition.



Preuve du grand retard accumulé, le groupe Onze h30 commença à jouer à 18h sur la grande scène. Un show explosif qui montrait toute l’énergie du groupe tourangeau. Un set efficace et un esthétique travaillé tant au niveau du décor grâce à son immense horloge qui indiquait 11h30 que grâce aux accoutrements des musiciens oscillant entre dandys surréalistes de Orange mécanique et cabinet des bizarreries de l’époque Victorienne.
Après un bref passage de Amadou Sanfo sur la petite scène, ce fut au tour de Riccardo Prencipe (Corde Oblique) de monter sur la grande scène en compagnie de Claudia Florio de Lupercalia et de Sergio Panarella et Alfredo Notarloberti du groupe Ashram. Une heure de concert de grande qualité, emplie de sensibilité devant un public charmé par la délicieuse voix de Claudia. On regrettera simplement que Riccardo ne joua pas de luth mais peut être est ce impossible sur scène pour des raisons techniques.
Il y eu ensuite une heure de « pause » durant laquelle se succédèrent sur la petite scène François Caspari puis Géraldine du groupe Mediavolo pour un concert de harpe celtique (durant ce créneau horaire, il y avait aussi Collection d’Arnell Andréa à la chapelle Saint Jacques). Ce fut aussi l’occasion de parcourir les nombreux stands placés sous les halles. On trouvait ainsi une cartomancienne, une maquilleuse, un stand pour fabriquer son chapeau elfique, un stand de littérature fantastique et bien évidemment un stand Prikosnovénie où l’on pouvait retrouver tous les albums du label ainsi que des albums en distribution et plein de goodies dont la très belle affiche de la nuit des fées. Ce fut aussi l’occasion de se restaurer grâce à un stand bien fourni qui proposait l’excellente boisson médiévale qu’est l’Hypocras, ainsi que des bières, des thés et ainsi de suite mais surtout une surprenante assiette elfique végétarienne dont la recette est jalousement gardée par les elfes qui étaient venus concocter ce mystérieux plat. Vers 22h, c’est le Duo PinkNRuby qui faisait son apparition pour un concert sincère et épuré qui souffrait néanmoins d’un manque de dynamisme évident. Comparer à la fraîcheur d’un groupe comme Onze h30, une inversion de l’ordre de passage aurait pu résoudre ce problème mais il est vrai que PinkNRuby jouit d’une notoriété dont ne dispose pas encore Onze h30.
Il fut ensuite l’heure de quitter (provisoirement) les halles en direction de la chapelle St Jacques pour le concert de Ashram. La chapelle fut très vite remplie et les napolitains entamèrent un concert qui restera dans les mémoires. D’une beauté et d’une virtuosité à couper le souffle, Ashram a littéralement enflammé son auditoire qui lui demanda deux rappels et lui offrit deux standings ovations. Entre temps, on eu le droit entre autres à une incroyable démonstration au violon de Alfredo Notarloberti et à un morceau au piano à 6 mains puisque les trois membres du groupe jouèrent en même temps.
Point de répit en cette fin de soirée magique puisqu’il fallait déjà rejoindre les halles pour le dernier concert de la soirée, le groupe brestois Mediavolo.
Le groupe tout de noir vêtu nous livra un excellent set essentiellement constitué de titres du dernier album A secret sound. Un concert énergique, parfait pour finir cette soirée. Les fées et autres elfes quittèrent alors la magnifique cité de Clisson pour rejoindre la civilisation. Il me reste plus qu’à féliciter le label Prikosnovénie pour l’organisation de cette nuit des fées et souligner que pour une première édition, tout était parfaitement au point. On espère désormais que cette soirée pourra être reconduite et qu’elle deviendra une référence pour tous les amateurs de musique féerique.



Guillaume L'henaff




Remerciements : Au label Prikosnovénie et tout particulièrement à Arnö Pellerin, à Khimaira, à tous les artistes présents à la nuit des fées et à toutes les personnes qui se bougent pour que vivent les musiques féeriques. Vivement la prochaine édition.














jeudi 25 octobre 2007

La nuit des fées (Prikosnovénie)

Suite à l’organisation de la nuit des fées le samedi 29 septembre 2007 à Clisson, le label féerique Prikosnovénie sort un très joli coffret qui porte le même nom que la soirée, à savoir La nuit des fées. Le coffret est bâti comme un voyage sur la terre des fées pour y découvrir ses pays, ses habitants et ses musiques. On distinguera deux parties sur cet album. Une première partie présente 10 inédits composés spécialement pour ce coffret. Hormis Djaima, une artiste tzigane, tous les autres artistes ayant composés un titre devraient être connues par les fidèles de Prikosnovénie. En effet, on retrouve la douce voix de fée de la jeune harpiste Cécile Corbel « Sans faire un bruit » ainsi que l’exotisme hongrois de The moon and the nightspirit « Alkonyvarazs ». Parmi les incontournables, citons aussi l’australienne Louisa John-Krol (« Fai »), les brestois de Mediavolo qui avec leur savoureux titre « Dreams of Atlantis » confirme leur montée en puissance depuis la réussite de leur dernier album A secret sound, le groupe moscovite Caprice qui égal à lui-même nous livre un petit bijou « The candle and snow » pour patienter jusqu’au prochain album et enfin la formation Collection d’Arnell Andréa avec un morceau troublant et touchant « Closer to unicorn ». Et comme lorsque Prikosnovénie sort un coffret, la forme revêt autant d’importance que le fond, l’album est accompagné d’un magnifique carnet de voyage illustré de 24 pages dans lequel figure les illustrations gagnantes du concours « Dessine moi une fée ». On y retrouve aussi pour chacun des morceaux inédits composés le nom de la fée qui lui est associée ainsi que son pays, une bien belle manière de voyager sur les terres de Prikosnovénie. La deuxième partie de l’album s’intitule Fairy sessions et concerne 6 inédits composés dans les jours qui ont suivis la nuit des fées par quelques uns des artistes présents. On pourra notamment savourer 4 morceaux de PinkNRuby associés à Mediavolo où l’esprit féerique prend tout son sens même si l’on regrettera que la « touche » PinkNRuby se fasse beaucoup plus sentir que le style Mediavolo.
Le morceau de Mediavolo et Ashram « Shot in the mid-air » est quant à lui magnifique, la voix de Géraldine se mariant à merveille avec la mélancolie du piano de Luigi Rubino (Ashram). Enfin la guitare de Riccardo Prencipe (Corde Oblique) accompagne une dernière fois les voix de Paul et Mihaela (PinkNRuby) « Klara ». Avec ces Fairy sessions qui s’achèvent, c’est notre escapade sur les terres féeriques du pays de Clisson qui s’achève. Un voyage de toute beauté qui perdure grâce à ce coffret qui l’est tout autant. Espérons que le petit peuple saura conseiller au père noël de placer ce coffret de La nuit des fées sous les sapins.
Sortie le 10 décembre.

Les ramoneurs de menhirs "Dañs an diaoul" (FZM/Coop Breizh)

Voilà un groupe qui fait du bien à la scène bretonne. Les ramoneurs de menhirs développent une musique punk matinée de musiques bretonnes ou une musique bretonne matinée de riffs accrocheurs punk, c’est selon et c’est cela qui est appréciable sur cet album intitulé Dañs an Diaoul (Danse du diable). En effet, les ramoneurs naviguent entre les genres pour nous livrer une musique festive, rageuse, accrocheuse et sacrément endiablée. Entre musique bretonne et musique punk, les deux genres n’en font plus qu’un : le punk trad breton. Alors que d’autres peuples tel que les basques, les catalans, les écossais, les irlandais ou les galiciens possédaient ce genre de formation, la Bretagne, hormis les défunts Tri bleiz die, n’avait pas encore trouvé de groupes maniant les instruments traditionnels et livrant une musique énervée et engagée. Les ramoneurs de menhirs arrivent à point pour combler ce manque. Cela commence très fort avec « K.A », morceau qui plante le décor avec un An dro sauce ramoneurs. Le mélange détonne, 2 sonneurs énervés, Eric et Richard cœur de Breizh, un Loran (du groupe Bérurier Noir) qui gratte sur sa guitare endiablée et Momo au chant finit d’embraser les foules. Le côté révolutionnaire s’affirme clairement avec « BellARB », mélange du fameux « Bella Ciao » le chant des partisans communistes italiens sous Mussolini et du « Kan bale an ARB » de Glenmor, l’hymne de l’armée révolutionnaire bretonne. « BellARB » fait songer à la grande époque de la Breizh disuj des années 70. Pour mieux exprimer ce trait d’union entre passé et présent, on soulignera la présence de la grande chanteuse bretonne Louise Ebrel (la fille d’Eugénie Goadec et de Job Ebrel) sur trois titres de l’album dont « Dañs Gwadek 1 » et « Dañs Gwadek 2 » tous deux issues du répertoire des sœurs Goadec et qui s’avèrent très entraînant et festifs surtout quand Louise nous lâche un savoureux « Allez Loran, tire dessus ». Côté reprise traditionnelle punk, on trouve les titres « Nomades », « Captain Kirk » et surtout le titre des Bérus « Vive le feu » qui est en quelque sorte le titre qui a initié cette aventure puisque qu’en 85, les cousins cornemuseurs (Eric et Jean Pierre) avaient été invités à sonner sur ce même titre des Bérus. Un excellent album assorti d’un livret très agréable où en plus des paroles vous retrouverez de nombreux dessins très sympathiques. En tout cas, le message des ramoneurs est clair, la tradition appartient à la jeunesse résistante et non aux nazi-onalistes. Il ne vous reste plus qu’à vous dépêcher de rentrer dans la Dañs an Diaoul. Kenavo.
Vous ne trouverez pas de Myspace des ramoneurs de menhirs et pour comprendre pourquoi, c'est ici : http://www.folklorezm.com/bleug/index.php?2007/01/29/64-a-propos-de-myspace

mardi 23 octobre 2007

Saga "10.000 days" (InsideOut/SPV)

Saga est un groupe canadien de rock progressif. Peu connu dans notre contrée, le groupe fut pourtant formé en 1997 et 10.000 days est leur 19ème album !! Dans la grande tradition du rock progressif, les morceaux au nombre de 9 sont assez longs. A l’écoute de cet album, on pense parfois à un groupe comme Marillion ou à du Mike Oldfield voir dans une moindre mesure à du Genesis. On oscille entre des titres assez pop, « Sound advice » ou le sublime « Sideways » sur lequel plane le fantôme d’un « Moonlight Shadow » et des sons beaucoup plus psychédéliques caractéristiques du rock progressif « Book of lies ». On notera aussi la présence d’un instrumental très expérimental dans sa composition « Corkentellis ». De plus, il convient de parler de la pochette qui risque d’interpeller tous les fans de X-files. Un album de bonne qualité donc à recommander à tous les fans du genre.

lundi 22 octobre 2007

Irfan "Seraphim" (Prikosnovénie)

Quatre ans après leur premier album, Irfan revient avec un nouveau joyau prénommé Seraphim. La musique de Irfan n’a pas changé, on retrouve ce mélange irrésistible de voix bulgares, d’accords orientaux et d’une musique profondément onirique qui nous entraîne vers un passé lointain sur les rives de la mer noire. Parmi les 9 titres de Seraphim, on retrouve l’envoûtant « Simurgh » que l’on avait découvert sur Fairy world 3 (Prikosnovénie) et le mélodique « Fei » découvert sur la compilation Effleurement (Prikosnovénie). La pureté des voix se fait sentir sur les 2 invocations (« Invocatio » et « Invocatio II »), véritable source d’apaisement et quintessence de la musique mystique orthodoxe à la fois sophistiquée et épurée. Pour le reste, Irfan apprécie les longs morceaux où l’exceptionnelle voix de Denitza Seraphimova se veut souvent mystique et ésotérique, surtout quand une voix masculine vient renforcé ce caractère sacré « Hagia Sophia ». Irfan continue ses références au soufisme « Vernal Garden » et ses musiques parfois puissantes et hypnotiques « Los Ojos de la Mora ». Entre méditation « Return to Outremer » et exaltation de la voix « Star of the winds (Khaukab al Hawwa »), Seraphim s’impose comme un deuxième chef d’œuvre pour Irfan, un album indispensable pour tous les amateurs d’une musique riche et ancienne, baignée par des siècles d’histoire.

dimanche 7 octobre 2007

Atreyu "Leads sail paper anchor" (Roadrunner records)

Si le nom de Atreyu vous dis quelque chose, c’est sûrement grâce à un souvenir enfoui d’un film culte des années 80 : L’histoire sans fin de Wolfgang Petersen où le jeune Bastien s’enfonce dans un livre peuplé de créatures fantastiques et où il recevra l’aide d’un mystérieux indien surnommé Atreyu. Mais si ce nom ne vous dis plus rien, c’est aussi parce que Atreyu est le nom d’un groupe de Emocore/Post-Hardcore (Pourquoi y a-t-il autant de sous genres dans la musique Métal ?) qui vient de Orange County en Californie. Dans un genre où de nombreux groupes se succèdent sans originalité, il faut bien reconnaître que Atreyu se distingue de ce côté-là. Notamment par l’utilisation dans ce quatrième album intitulé Leads sails paper anchor d’instruments peu courant dans ce genre de musique comme le piano et la trompette. Si l’on ajoute à cela une énergie débordante et un très beau digipack où l’endroit et l’envers trouvent leur place, on obtient un très bel album.

Rock S'cool (SPV)

L’école traditionnelle vous ennuie ? SPV vous convie à la Rock S’cool. Au programme de cette année, 6 leçons : Hard Rock, Heavy Metal, Power Metal, Trash Metal, Hardcore et Alternative. Ah, je vois déjà le rang du fond qui ouvre grand les yeux. Cette compilation sur 2 Cds présente donc un double intérêt. D’une part, elle permet de présenter les différents artistes du label SPV et d’autre part elle peut constituer une bonne introduction aux néophytes à la mouvance « Metal » en leur présentant les différents genres qui la constitue. On trouve approximativement 5 morceaux par leçon avec au passage des noms aussi prestigieux que Motörhead, Skinny Puppy, Sepultura ou encore Saxon. La leçon qui nous intéressera le plus est celle du Power Metal puisque l’on retrouve nos groupes fétiches qui font appel à un univers Médiéval Fantastique, à savoir Iced Earth, Kamelot, Demons&Wizards, Freedom Call et Helloween. Une compilation que les amateurs risquent de trouver inutile mais qui pourra constituer une belle vue d’ensemble pour d’autres.

samedi 6 octobre 2007

Nouveau Dvd de FAUN, Coming soon !!

Evénement!, le 9 novembre devrait sortir le nouveau dvd du groupe culte de la scène Pagan/medieval folk : FAUN. Intitulé Ornament, le dvd devrait offrira plus de 3 heures d'images avec évidemment des extraits live du Totem tour et du Pagan folk festival avec en guest Omnia. Il y aura aussi des portraits des membres du groupe. Le tout dans un superbe artwork mis au point par l'artiste française Martine Fassier.Les (rares) chanceux qui iront au Pagan folk festival à Berlin du 5 Octobre au 13 Octobre pourront se le procurer avant tout le monde. Pour les autres, il faudra encore se débrouiller car rappellons que Faun n'est toujours pas disribué en France.